‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 153 sur 203 · SCENE V LE ROI, GALAOR, CENDRILLON · texte numérisé non relu

SCENE V LE ROI, GALAOR, CENDRILLON

LE ROI

Je crois bien que j'arrive en un moment critique.

(U tousse pour avertir de sa présence :)

Hem!

(Galaor et Cendrillon tressaillent.) GALAOR, apercevant le roi.

Mon père!

CENDRILI.ON, de même.

Le roi !

(Tous les deux restent immobiles, la têlc basse et très embarrassés.) LE KOI, à. part.

Je manque de pratique, Lorsqu'il s'agit d'olTrir la main aux dames... Oui, Je n'ai jamais été pataud comme aujourd'hui. Certes, je serais plus à l'aise au Veau-qui-tette, Parmi de francs lurons, ou même en tr-te-à-téte Avec ma chope.

(Rassemblant son courage :)

Allons, du cœur!

(Faisant uu pas vers Cendrillou, et très gracieusement :)

Jeune beauté...

CENDIULLuN, d'une voix tremblante.

Sire?

LE ROI

Vous olfrirai-je une tasse de thé?

Ou plutôt, non; ma femme a dit : de l'orangeade. Moi, je trouverais ca, je l'avoue, iiu peu fade; Mais vous, qui dans les fleurs buvez la rosée...

lA part :)

Ouf!

Assez faire la bouche en cœur, vieux patapouf. Il faut conclure.

(A Cendrillon :)

Bref, si vous daignez, princesse, Vous suspendre à mon bras, c'est avec allégresse Que je vous conduirai jusqu'au buffet.

CENURILLUN, dune voix faible.

Merci...

(Le roi s'avance, arrondissant le bras droit.) G.VLAOR, s'approchant du roi.

Père, souffrez que j'aille avec vous.

LE ROI, se retournant.

Pieste ici :

Ta mère a quelque chose à te dire.

(Il fait un pas et dit à l'oreille de Galaor :)

Courage!

En vous séparant, fils, je fais de bon ouvrage.

230 TllÉÀTUE FOUR LES JEUNES FILLES

f.ALAOU.

De grâce...

LE ROI, toujours à voix basse.

Je te dis que tu l'épouseras.

Tout va s'arranger.

GALA OR

Mais...

LE ROI, de mémo.

Chut!

(S':ivau(;ant vers Cciulrillon, et lui otl'rant le bras droit :)

Belle, votre bras.

(Musique '. Ccudrillou prend le Ijras du roi, qui sort à gauche avec elle. Galaor fait quelques pas vers la gauche, regarde CeudriUon disparaître, puis revient sur ses pas, accable de tristesse. Il s'asseoit sur le sofa et reste immobile, le coude sur le genou, une main cachant son visage. La reine entre alors par la droite. Les j-eux fixés sur son fils, elle s'avance vers lui sur la pointe du pied, passe derrière le sola et s'asseoit à côté de Cialaor, sur la partie du sofa qui est à gauche par rapport au spectateur.) '

Page 1