RIDES
11 est à souhaiter ([ue l'un joue toujours aux lumières, même en plein jour, et, dans ce cas, après avoir fait la nuit; mais
1. Je remercie très vivement le jeune artiste, M. Aubry, peintre et acteur, qui a bien voulu me fournir les éléments de ce chapitre et des deux suivants.
notre éclairage ne sera ])as, en général, celui d'un vrai théâtre, le public verra de près les artistes, et une raison de convenance et de goi^il nous interdit le muquillage trop visible, 11 faudra donc avoir la main légère et rester en degà plutôt (ju'aller avi delà de ce qui paraît acceptable.
Cela dit, pour l'aire les rides on peut se servir de rouge sangde-bœuf ou rouge à rides, que l'on trouve chez les spécialistes. On prend de ce rouge, sur le bâton, avec une estompe, et l'on trace aux endroits convenables. On peut aussi user du crayon bleu, ou bien, avec le bleu, forcer certains traits rouges; mais il ne faut pas se servir de noir. 11 est bon d'éclairer les rides, au-dessus et au-dessous, nu moyen d'une couleur claire, telle que le jaune pâle ou le blanc.
FrOiNT. — On suivra les plis qui se forment naturellement sur le front lorsqu'on lève les sourcils. Né pas faire droit, mais un peu irrégulier, ondulé. Deux rides verticales, partant des sourcils, au-dessus du nez, donnent de la sévérité.
Sourcils. — 11 en est de même des sourcils, lorsqu'ils sont broussailleux, ou plus épais au milieu ou aux extrémités (c'està-dire vers les tempes).
11 ne faut pas les grossir par couches uniformes, mais par hachures verticales ou en biais. Éviter le noir; se servir de rouge foncé ou de bleu.
Les sourcils levés vers la racine du nez donnent de la tristesse.
OEiL. — La patte d'oie est diflicile à bien dessiner et ne fait pas grand effet. En revanche, on peut utilement suivre le dessin des petites boursouflures qui existent plus ou moins au-dessous des yeux, et aussi tracer de cha(iue côté une ligne descendant obliquement sur la joue, depuis le coin extérieur de l'œil. Cette ligne passe, dans l'autre sens, sur la paupière et aboutit à la naissance du sourcil, au-dessus du nez.
Bouche. — Un pli très important est celui qui se forme en ouvrant fortement In Ijouche : il ])art des narines (entre la narine et la joue) et tombe à droite et à gauche de la bouche.
Un autre pli, à côté, sur le bas de la joue, donne beaucoup d'accent. Ce second pli n'est visible que s'il n'y a pas de barbe.
Les plis indi(iués doivent être formés d'un trait assez gros en rouge sombre, un peu fondu sur les bords et précisé de blanc au milieu. Comme pour les rides du front, ou éclaire, à côté, avec du jaune clair ou du blanc.