SCÈNE III
JEANNE, HAUVIETTE, MENGETTE, COLETTE, BONNE, MICHELLE, ISABE.AU, AVELINE, ALISON.
HAUVIETTE, à Jeanne.
Bien sûr que les Anglais en pleurent à Paris.
COLETTE
A-t-on pris leurs bateaux, Jeannette?
JEANNE
Tout fut pris, Galiotes et nefs! tout, hormis une barge Qui gagna de vitesse et disparut au large.
BONNE
Tu nous parles de ça, toi, comme un vrai marin.
JEANNE
Ah ! j'ai bien écouté le brave pèlerin !
Il a dû plusieurs fois conter toute l'histoire.
(Elle so lève.)
Mais nous, crions bien fort : Victoire!
(Toutes celles qui sont assises se dressent vivement.)
Allez :
TOUTES ENSE.MBLE, avec force.
Victoire!
(Isabeau, Alison et Aveline ont crié comme les autres, qui se retournent avec surprise.)
ISABEAU, à Jeanne.
C'est le bonheur, dis-moi, qui t'a changée ainsi? Je ne reconnais plus Jeannette.
JEANNE, très animée.
Ah ! TOUS voici"?
Le bétail est rentré, France est victorieuse : Amusons-nous !
ALISON
J'en suis.
AVELINE, à Jeanne.
Toi, toujours sérieuse.
Tu ne voudrais pas faire une course avec nous, Jeanne...
JEANNE
Avec vous trois?
AVELINE
Oui.
(Jeanne semlilo liésiter; toutes la regardent.) IIAUVIETTE, bas, à Michelle.
Vois donc ses yeux si doux, Comme ils brillent !
JEANNE, brusquement.
Partons.
(Les autres se regardent avec surprise.) MENGETTE, à. Jeanne, avec inquiétude.
Tu vas perdre...
JEANNE, très animée.
Peut-ôtre,
AVELINE
On va jusquà la croix et l'on revient au Hêtre.
JEANNE
Toi, donne le signal, Ilauviette.
MAUVIETTE
Je veux bien.
(Mauviette, Jeanne, Isabeau, Aveline, Alison, sortent vivement à gauche. Mengette et Michelle enlèvent les sièges rustiques et les placent au fond. Colette pose sa quenouille et son fuseau sur le banc de pierre placé au pied du Hêtre. Bonne explore les groseillers. Court silence.)