‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 53 sur 203 · MICIIELLE ET LES TROIS PIERRES · texte numérisé non relu

MICIIELLE ET LES TROIS PIERRES

Fleur de lis, llcur de lilas!

(Dès le début du couplet, les Pierres se sont croisé les bras; au second vers, elles se penchent en avant bien ensemble, et tirent la langue au Comte. En même temps, le Bourreau prend son coutelas à sa ceinture et le brandit, terrible, en regardant la Reine et le Roi. Ceux-ci,

les mains jointes, les coudes serrés au corps, tournent la tête à gauche eu regardant le Bourreau avec une indicible épouvante. On voit trembler tout leur corps.)

IS.VBEAU.

Je prends une autre Pierre...

(En chantant, elle s'est avancée vers Colette. Puis, soudain, elle s'arrête de chanter et continue en parlant :)

Ou plutôt, non : j'en passe.

Les six couplets suivants, je vous en ferai grâce. J'ôte une Pierre...

(Elle saisit Colette, qui lève le nez en l'air, comme à cent lieues de ce qui se passe, tout en ortrant le jikis do résistance qu'elle peut. Alors IsabeaH, très vivement :)

Allons, ne prends pas ton air sot.

COLETTE, de mauvaise humeur.

Dis donc, toi !

ISABEAU

File!

(Elle la prend à deux bras et l'envoie dans la partie droite de la scène. Colette reprend sa quenouille, s'asseoit au pied du Hêtre et atTecte de liler en se désintéressant du jeu. Isabeau envoie ensuite dans la partie droite de la scène Alison, puis Jeanne, en disant :)

Une autre... une autre...

(Elle recule d'un pas :)

Et puis : l'assaut!

(Michelle [le Château] donne la main à Bonne [le Bourreau] pour empêcher Isabeau de passer. Bonne élève sa main droite armée du coutelas. Isabeau se couvre de son bras gauche comme d'un bouclier; elle brandit de la main droite une épée imaginaire. Le Roi et la Reine suivent toutes les péripéties du combat; ils tendent les bras comme pour rejoindre le Comte.

Ou joue deux fois la mélodie, dans un mouvement plus vif que lorsqu'elle est chantée. La première fois, après diverses tentatives pour passer à la droite de Bonne ou à la gauche de Michelle, Isabeau est repoussée jusqu'au Hêtre. On reprend ses positions. La seconde l'ois, Isabeau finit par séparer les mains unies de Bonne et de Michelle, passe entre les deux et va trouver Aveline et Mengette, qui se précipitent dans ses bras. Une courte fanfare retentit pendant qu'elles se tiennent embrassées et que Bonne et Michelle, en se menaçant du poing, semblent s'accuser l'une l'autre du désastre. A la lin, le Bourreau jette à erre son coutelas ', et s'éloigne désespéré.)

ISABEAU, joyeusement.

iv liens la longue Iniinc De Madame la Reine; Et notre Sire, il nie le faut,

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