‹ Théâtre pour les jeunes fillesChapitre 54 sur 203 · C'est-à-dire sa l)aguettc · texte numérisé non relu

C'est-à-dire sa l)aguettc

ISABEAU, MENGKTTi;, AVELINE.

Fleur de lis, (leur de i)avot.

^Isal)eau, placée entre le Roi et la Reine, a saisi dans sa main gauche la traîne de Mengette ; au troisième vers, elle frappe de sa main droite sur l'épaule d'Aveline. Michclle paraît accablée de honte et de douleur.)

MICIIELLE.

Hélas! Dieu nie pardonne!

Le Bourreau in'aliaiulonne, Et je nrOcroule tout entier, Fleur de lis, (leur dï-glantier.

(Michelle tombe par terre à la (in du couplet, et reste sans mouvement.)

ISABEAU, au public.

Voici le Roi, la Reine, Mon parrain, ma marraine; Le Roi de France est délivré,

ISABEAU, MENGETTE, AVELINE, Fleur de lande et fleur de pré!

(On entend de nouveau la fanfare; Isabeau tient la traîne de Mengette, Aveline la robe d'Isabeau, et toutes les trois, marquant le pas, font le tour de Michelle étendue à terre. Elles s'arri''tent quand la fanfare est achevée.

Colette, sur le banc au pied du Ilrtre, a cessé de filer, llauviette, ■Joanne, Alison et Bonne sont assises ou debout dans la partie droite de la scène. Michelle, qui vient de se relever, Isabeau, Mengette, .\veline, sont debout dans la partie gauche.)

COLETTE, s'étirant comme si elle s'éveillait.

C'est joli, mais c'est long. Je me suis endormie...

(Elle fait semblant de chercher :)

Vers le second couplet.

ISABEAU

Ehl Colette, ma mie, Cela t'humiliait d'être une pierre.

JEANNE, s interposant.

Allons, Xe vous querellez pas.

COLETTE

Si nous nous querellons, C'est notre affaire.

JEA.NNE, avec résignation.

Bien.

COLETTE, à Isaboau.

Toi, tu m'as bousculée.

Ouand nous nous reverrons, seules, dans la vallée...

(Elle s'arrrtc, menaçante.) ISABEAU, détachant les syllabes.

Tu me dévoreras?

COLETTE, sèchement.

Suffit.

ISABEAU, feignant la terreur.

Au loup ! au loup !

IIAUVIETTE, s'approchant.

Ne l'agace donc pas.

ISABEAU

Moi? je l'aime beaucoup.

HAUVIETTE

Tout en la picotant.

ISABEAU

Ça lui plaît. Je t'assure Que, si tu lui servais de l'oseille bien sûre, Elle en pourlécherait son cher petit museau.

(Colette se lève, brandissant le riisoau (|u'clle a dans sa main droite.) COLETTE.

Je m'en vais le bailler un jjon coup de fuseau!

(Toutes se lèvent.) JE.WNE, affectueusement.

Voyons, toutes les deux, ne soyez pas mauvaises.

(A Isabcau :)

Toi surtout.

ISABEAU

Moi?

(Une pause.)

C'est vrai; j'ai tort.

(Elle va prendre son jianicr derrière le Hêtre et se place ensuite sur le banc à cùtci do Colette, qui s'est rassise. Colette occupe la partie du Iianc qui touche au bord de la scène.)

Voici des fiaises Qui sont tout mon goûter. Les veux-tu?

COLETTE, détachant les syllabes avec colore.

Je... n'en... veux...

(.Jeanne s'est placée contre le llôirc, derrière Isabcau. l'dle met sa main sur la bouche de Colette.)

LA. PREMIÈRE VISION DE JEANNE i/aRC 75

JEANNE, avec prière

Si, Colette. Un baiser pour faire la paix.

ISABEAU. gentiment.

Deux.

(Elle embrasse Colette sur les 'leux joues '. Colette se laisse faire.) MICIIEI.LE.

C'est fini tout do bon? Nous eu sommes bien aises.

COLETTE, le doigt menaçant.

Xe recommence pas...

(Elle tond la main :)

et donne moi tes fraises.

(Isabeau respire le parfum de son panier, y jette uu coup d'a-il attendri et le donne à Colette.)

COLETTE, rassérénée.

Va, nous les mangerons ensemble avec mon pain : Ce sera bien meilleur.

ISABEAU, gaiment.

Prends garde : j'aurai faim!

^Les fillettes forment un demi-cercle, Isabeau et Colette, seules, étant assises.)

JEANNE, sérieuse.

Le vieux château m"a fait songer à La Rochelle, Où le Daui)hin pensa mourir.

MICIIELLE, étonnée.

Ah!

JEANNE

Oui, Michelle :

Un jour, pendant un bal, le plancher s'écroula Sous ses pieds. Voilà bien trois ans. Il était là, Dansant avec sa cour, à ce que l'on raconte. Beaucoup périrent; lui, fut sauvé.

.MENGETTE, naïvement.

Par le Comte?

ISABEAU, railleuse.

Bien sur : je l'ai reçu tout vivant dans mes bras!

MENGETTE, avec une moue enfantine.

Jeanne, elle rit de moi.

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