‹ Théâtre. Préfaces et notes de M. MornetChapitre 54 sur 133 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ATALIDE, seule Hélas! je cherche en vain : rien ne s'offre à ma vue. Malheureuse! Comment puis-je l'avoir perdue? Ciel, aurois-tu permis que mon funeste amour Exposât mon amant tant de fois en un jour? Que pour dernier malheur, cette lettre fatale Fût encor parvenue aux yeux de ma rivale ? J'étois en ce lieu même : et ma timide main, Quand Roxane a paru, l'a cachée en mon sein. Sa présence a surpris mon âme désolée ; Ses menaces, sa voix, un ordre m'a troublée (1) ; J'ai senti défaillir ma force et mes esprits (2) : Ses femmes m'entouroient quand je les ai repris ; A mes yeux étonnés leur troupe est disparue. Ah ! trop cruelles mains, qui m'avez secourue, Vous m'avez vendu cher vos secours inhumains; Et par vous cette lettre a passé dans ses mains. Quels desseins maintenant occupent sa pensée? Sur qui sera d'abord sa vengeance exercée? Quel sang pourra suffire à son ressentiment? Ah ! Bajazet est mort, ou meurt en ce moment. Cependant on m'arrête, on me tient enfermée. On ouvre. De son sort je vais être informée.

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