‹ Théâtre (premìere série) (volume 2)Chapitre 6 sur 17 · LE VEILLEUR · texte numérisé non relu

LE VEILLEUR

Je prie les dieux qu'ils mettent fin à ces fatigues, La longueur de la veille d'un an que je prolonge Au plus haut du toit des Atrides, sur les coudes

comme un chien, Apprenant des astres nocturnes à connaître l'assemblée.

Et ceux-là qui apportent l'hiver et l'été aux vivants,

les seigneurs De lumière, qui nous sont préposés par l'étendue, Les astres quand ils s'éteignent et leurs levers. Et maintenant j'épie le signal de la lumière, Le rayon de feu apportant de Troie la nouvelle Et le mot qu'elle est prise; car ainsi le commande. Avec un esprit d'homme, le cœur de la femme qui

espère.

Ainsi j'endure la nuit et la rosée, et j'ai * ne couche qui n'est point visitée par les songes, IMoi, car la crainte me tient lieu de sommeil.

De peur que je ferme les yeux, si je dors, pour de

bon; Et quand je veux chanter ou siffler entre mes

lèvres, Me cueillant contre le sommeil ce charme, Les larmes viennent et je gémis sur l'état de la

maison, Oui n'est pas celui d'autrefois et la main du maître

n'y est plus.

Mais maintenant, par fortune, vienne la fin de ces

fatig-ues, La bonne nouvelle que montre dans le noir un feu!

Ho!

Salut, lumière par la nuit, jour

Manifesté, et institution de beaucoup Ê

De fêtes dans Argos, et beauté de cette chose qui arrive !

lou iou ! i

De ce pas je vais parler à l'épouse d'Agamemnon,

Pour que, sortant de son lit, bien vite, de la demeure

Pour accueil elle élève vers cette aurore

Un cri, puisqu'Ilion la ville

A péri, telle que la torche qui annonce apparaît !

Mais c'est moi qui fais le prélude et je mènerai la

danse; Tant mieux pour les maîtres, et autant de gagné,

pour moi, Puisque le triple-six me tombe de cette torche ! Ceci seulement! soulever la bien-aimée main, Avec cette main, du maître qui est là. Je tairai le reste. Un grand bœuf est dessus Ma langue. Mais la maison, si elle avait une voix. Parlerait fort clairement. Pour moi bien volontiers Je parle à ceux qui savent; pour ceux qui ne savent

pas, j'ignore.

LE CHŒUR

Voici la dixième année depuis que de Priant

La redoutable partie,

Le prince Ménélas avec Agamemnon,

Le puissant couple des Atrides, selon Vhonneur

De deux trônes et de deux sceptres de par Zeus,

De cette terre

A détaché, main-forte,

La Jlotte aux mille nefs des Argiens,

Criant Arèsl

Comme des vautours^

Qui dans d' inaccessibles douleurs pour ce que les

enfants ont fait, au-dessus de faire Volent en cercles, ramant de la rame des ailes, Puisque la peine est pour rien qu'ils ont prise pour

les jeunes, et le nid!

Mais quelqu'un là-haut qui comprend, ou Apollon, Ou Pan, ou Zeus, la voix d'oiseau, La plainte aiguë de ces voisins-ci En son jour Envoie aux transgresseurs VE rings.

Ainsi Celui qui est le plus grand

Envoie les enfants d'Atrée contre Paris,

Z eus-hospitalier, alors que pour la femme à plusieurs

hommes, il prépare Maints combats avec la fatigue du corps, — Genou en terre et la verge qu'on rompt Selon le rite préliminaire ; — aux Grecs Et aux Troyens pareillement. La chose est comme Elle est. Tout conclut à la fin déterminée. Ni sacrifices, ni libations, Ni larmes, des noces sans torches N'apaiseront la colère attentive.

Pour nous, insolvables, la chair vieille, On nous laisse en arrière Et nous demeurons pour la force Egaux à des enfants, avec nos bâtons.

Car le dedans de l'homme quand il est petit et le cœur qui le mène

Est tel que d'un vieux, Ares n'y a point place. Mais celui qui est plus que vieux ? A trois pieds Il va son chemin, et non pas plus fort qu'un enfant, Comme un songe qu'on fait pendant le jour, il erre.

Mais toi, file de Tyndare, royale

Clytemnestre,

Qu'y a-t-il? quoi donc? qu'as-tu appris?

Et sur la foi de quelle

Nouvelle, envoyant de toutes parts, sacrifies-tu ?

Car de tous les, dieux légitimes de la cité.

Les supérieurs, et ceux de la terre,

Et ceux de la place publique.

Les autels brûlent d'offrandes.

Ici, là, si haute que le ciel.

Une clarté s'élève

Qu'entretient de la sainte huile

La persuasion douce pure,

La provision royale d'au fond.

Dis de cela ce qu'il est possible

Et Juste de me laisser savoir.

Sois le médecin de cette inquiétude ;

Car tantôt de mauvaises pensées me viennent.

Et tantôt du milieu des sacrifices l'éclatant

Espoir chasse la pensée insatiable

De chagrin, la peine qui réduit le cœur.

Je suis maître de chanter! Le bon souhait, voilà tout le chemin et la force

De l'homme qui s'achève. Car, encore trouvant une

confiance divine, L'âge de ma vie a cette vigueur, un chant Comment des Achéens

La Jorce à deux trônes, de la jeunesse de Hellas Commandement conjuré,

Fond avec la lance et le poing vengeur, violent Oiseau sur la terre Teucride !

Le Roi des oiseaux, Aux rois des nefs, le noir Et celui qui est blanc par derrière, Se montrent non loin des toits, du côté de la main

qui brandit la lance, Dans le lieu de partout visible, Tandis qu'ils dévorent la race du lièvre, La hase ayant dans le ventre sa portée. Arrêtée dans son dernier élan pour fuir ; — Las, hélas !

Dis hélas! mais que le bien l'emporte !

Mais le sage devin de l'armée, voyant

Les deux Atrides belliqueux selon leurs doubles coU'

leurs comprit Les princes mangeurs de lièvres.

Et il parla ainsi, prophétisant :

« Le temps vient, oui,

« Que cette expédition prenne la ville dePriam. « Et le partage avec violence tarit « Tout Cavoir

— iZjI —

« Antique et le trésor d'abondance des tours! (( Pourvu que quelque dieu ne couvre pas de nuit « Le grand mors qu'on forge pour Trol'a dans h

camp.

« Car lachaste Artémis est ennemie de cette maison « Des chiens ailés du Père « Qui avant le part

(( De la bête pantelante avec son fruit font fête, « Elle hait le festin des aigles! »

— Las, iiélas !

Dis hélas ! mais que le bien l'emporte !

Page 1