SCÈNE PREiMIÈRE MADEMOISELLE DE BELLE-ISLE, un Laquais
MADEMOISELLE DE BELLE-ISLE, écrivant.
Vous le connaissez bien, n'est-ce pas, M. le chevalier d'Aubigny, ce jeune lieutenant au régiment du roi, qui s'est présenté iiicr et avant-hier ici, et que vous avez annoncé deux fois?
LE LAQUAIS
Je le connais ; mademoiselle peut être parfaitement tranquille.
MADEMOISELLE DE BELLE-ISLE, cachetant sa lettre.
Eh bien, cherchez-le jusqu'à ce que vous le trouviez; d'ailleurs, peut-être est-il encore chez lui, à peine est-il sept heures du matin... Puis, quand vous l'aurez trouvé, remettezlui cette lettre, et amenez-le ici; il faut que je lui parle à l'instant même. Attendez, avant de sortir, envoyez-moi Mariette.
LE LAQUAIS
Elle a quitté cette nuit le château avec madame la marquise.
Madame la marquise n'est plus au château ?
LE LAQUAIS
Elle est partie cette nuit avec M. le duc d'Aumont, avant même que la soirée fût finie.
Mais elle reviendra; elle va revenir... aujourd'hui?
LE LAQUAIS
Je l'ignore, et, si mademoiselle veut, je m'en informerai.
Oui; mais allez d'abord porter cette lettre, c'est le plus pressé. (Le Laquais sort.) Mou Dieu! que se passe-t-il donc? Hier, elle me fait dire qu'elle ne peut me recevoir... Ce matin, elle est partie! D'Aubigny, dont je n'entends plus parler!,, c'est à n'y rien comprendre. (Le Laquais rentre.) Eh bien, vous n'êtes pas encore parti ?
LE LAQUAIS
Quelqu'un monte le grand escalier; mademoiselle veut-elle recevoir ?
Ohl non, non; je n'y suis pour personne.
LE LAQUAIS
Pardon, mais justement...
Eh bien?
LE LAQUAIS
C'est M. le chevalier d'Aubigny.
Oh! qu'il entre, qu'il entre! et avertissez-moi aussitôt que la marquise sera de retour.