‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 3)Chapitre 11 sur 129 · SCÈN.E VIII MERCEDES, MONTE-CRISTO · texte numérisé non relu

SCÈN.E VIII MERCEDES, MONTE-CRISTO

MERCEDES, d'one voix émue.

M. Le comte de Monte-Cristo nous fera-t-il la grâce de demeurer le resle de la journée avec nous ?

MONTE-CRISTO

Merci, madame; et vous me voyez, croyez-le bien, on ne peut plus reconnaissant de votre offre. Mais je suis descendu ce matin à votre porte de ma voiture de voyage. Comment suis-je installé à Paris ? Je l'ignore. Où le suis-je? Je le sais à peme. C'est une inquiétude légère, je le sais, mais appréciable, cependaut.

MERCEDES

Nous aurons ce plaisir une autre fois, au moins, vous me le promettez. (Elle sonne.) Dites à mon fils que M. le comte va se retirer.

MONTE-CRISTO, regardant le portrait du Comte.

C'est le portrait de M. de Morcerf, madame?

MERCEDES

Oui, monsieur.

MONTE-CRISTO

I! porte l'uniforme grec?

Mon mari a été trois ans au service d'Ali Tebelin, pacha de Janina ; c'est un des derniers serviteurs qui lui soient restés fidèles, et il avoue fièrement que notre peu de fortune nous vient des libéralités que ce grand homme lui a faites par reconnaissance, au moment de sa mort.

MONTE-CRISTO, s'inclinant du côté de Mercedes.

Quant à celui-ci, madame'

MERCIDÈS.

Vous le voyez, c'est le mien. Le mien quand j'étais jeune, hélas !

MONTE-CRISTO

C'est un costume de fantaisie que vous portez là, si je ne me trompe: celui de la petite colonie de Catalans qui est aux environs de Marseille.

MERCEDES

Oui; M. le comte m'a vue autrefois sous ce costume, et,

depuis mon mariage, il a désiré avoir ce portrait comme un souvenir.

MONTE-CRISTO

Je comprends : quiconque vous a vue sous ce costume, madame, a dû ne pas vous oublier.

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