SCÈNE IX Les Mêmes, ALBERT
ALBERT
Me voilà, ma mère.
MERCEDES, tombant sur un fauteuil, 11 était temps, j'étouffe !
ALBERT
Comment! vous nous quiiez déjà, mon cher comte?
MONTE-CRISTO
J'ai fait valoir près de madame la comtesse, pour ce prompt départ, des motifs qu'elle a bien voulu apprécier.
ALBERT
Allons donc, je ne vous retiens plus; je ne veux pas que notre reconnaissance devienne une indiscrétion ou une importunité. Mais laissez-moi essayer, je vous prie, de vous rendre, à Paris, votre hospitalité de Rome. Permettez que je mette mon coupé et mes chevaux à votre disposition, jusqu'à ce que vous ayez eu le temps de monter vos équipages.
MONTE-CRISTO
Merci, mille fois, de votre obligeance, vicomte; mais je pense que M. Bertuccio, mon intendant, aura convenablement employé les cinq jours pendant lesquels il a dû me précéder, et je dois trouver à la porte une voiture quelconque tout attelée. Seulement, dites-moi, suis-je bien loin de la rue du Mont-Blanc?
ALBERT
A cent pas. Vous allez rue du Mont-Blanc, en sortant d'ici?
MONTE-CRISTO
Oui, chez M. Danglars, un banquier.
MERCEDES, vivement.
Vous connaissez M. Danglars?
MONTE-CRISTO
Non, madame, pas le moins du monde; je ne connais per-
sonne; j'ai des lettres de crédit sur lui, voilà tout. Il est bon?
ALBERT
Excellent ! (a demi-voix.) C'est mon futur beau-père.
MONTE-CRISTO
Oh ! comme cela se trouve ! mes relations d'argent et mes relations d'amitié ne sortiront pas de la famille
ALBERT
Merci !
MONTE-CRISTO, s'inclinant.
Madame !
ALBERT, voulant l'accompagner.
Permettez, cher comte...
MONTE-CRISTO, l'arrêtant.
Oh ! par exemple I
(Il sort.)