PE-CRISTO
Crois-tu que tu t'habitueras ici?
HAYDÉE
Te verrai-je?
Tous les jours.
IIAYmÏE.
Lh bien, que me demandes-tu donc, seigneur?
MONTE-CRISTO
Je crains que lu ne t'ennuies.
HAYDÉE
Non; car, le malin, je penserai que tu viendras; le soir, je me rappellerai que lu es venu. D'ailleurs, quand je suis seule, j'ai de riches souvenirs. Je revois d'iuami uses tableaux, de grands horizons avec le Pinde et l'Olympe dan- le lointain ; puis j'ai dans le cœur trois sentiments avec lesquels on ne nie jamais: de la tristesse, de l'amour et de la reconnaissance.
MONTE-CRISTO
Tu es une digne fille de l'Kpi le, Baydée, gracieuse et poétique, et l'on voit que tu descends de celle famille de déesses qui est née dans ton pays. Sois donc tranquille, je ferai en sorte que ta jeunesse ne soit point perdue; car, si tu m'aimes comme tu aimais ion père, moi, je t'aime comme mon enfant.