SCÈNE III
MONTE-CRISTO, seul.
Voilà donc l'édifice si lentement préparc, élevé avec tant de peine et de labeur, écroulé d'un seul coup, avec un seul mot, sous un souffle, bêlas ! Et tout cela, mon Dieu, parce que mon cœur, que je croyais mort, n'était qu'engourdi, parce qu'il a battu, parce qu'enfin j'ai cédé à la douleur de ce battement, soulevé au fond de ma poitrine par la voix d'une femme. Sottise! sottise! que faire ainsi de la générosité, en se plaçant comme un but inerte au bout du pistolet de ce jeune homme. Jamais il ne croira que ma mort soit un BUicide, et cependant il importe, pour l'honneur de ma mémoire, que le monde sache que j'ai consenti moi-même, par ma volonté, par mon libre arbitre, à arrêter mon bras déjà levé, et que, de ce bras si puissamment armé centre les autres, je me suis frappe
moi-même. (Il lire un papier de son tiroir et écrit quelques mots.) Et d'abord, ajoutons ce codicille à mon testament. « Je lègue à .Uaximilien Morel, capitaine de spabis, et fils de mon ancien patron, Pierre Morel, armateur a .Marseille, la somme de vingt millions. Ces vingt millions sont enfouis dans ma grotte de Monte-Cristo, dont Ber'UCcio sait le secret (llaydéc entre, s'approche du Comte, et lit p.ir fi.'ssns son épaule.) Si SOU cœur est libre et
qu'il veuille épouser Haydée, Bile d'Ali, pacha de Janina, que
j'ai élevée avec l'amour d'un père, et qui a pour moi l'amour
et la tendresse d'une fille, il accomplira, je ne dirai point ma dernière volonté, mais mon dernier désir. L< ■•>ta-
ment a déjà fait Haydee héritière du reste de mu ioiiiiiic, consistant... »
HAYDÉE
Oh ! mon Dieu !