SCÈNE VI
LES MÊMES, FIELDING, poussant doucement la porte, entrant et écoutant.
FIELDING
Oui, ravissante, mais aussi très-bien jouée, très-bien!
CLOTILDE, tressaillant.
Mon Dieu !
EDMOND
Pardon, monsieur; mais...
FIELDING
Oh ! mademoiselle, je vous en supplie, achevez d'abord... ou bien ce serait me dire que j'ai été indiscret... ce qui peut être vrai... et qu'il faut que je me retire... Cependant, j'avai ; tout lieu d'espérer qu'Edwards Fielding n'était pas tout à fait un étranger pour les enfants de son ami de Gervais. Car c'est sans aucun douic à M. Edmond et à mademoiselle Clotilde que j'ai l'honneur de parler?
EDMOND
En effet, monsieur, mon père nous a dit toutes les obligations qu'il vous avait, et M. Edwards Fielding avait toute raison de croire qu'il n'était pas un étranger pour nous. Ainsi donc, ma chère Clotilde, puisque monsieur vous en prie...
(Clotilde reprend la mélodie.) FIELDING.
Bravo, mademoiselle!... Jamais le génie de l'auteur du Frcitzchutz n'a été compris par un cœur plus tendre, par une main plus habile.
CLOTILDE
Monsieur !
FIELDING
Ah! mais que vois-jc là? un roman de notre compatriote Coopcr dans sa langue originale!... C'est vous qui lisez ce livre, monsieur Edmond?
EDMOND
Non, monsieur, c'est ma sœur.
FIELD1NC.
Vous parlez l'anglais, mademoiselle?
CLOTILDE, se levant.
Oh!... un peu, monsieur...
FIELDING
Pour lire Coopor, il faut parler l'anglais beaucoup... C'est un auteur très-difficile pour les étrangers!
CLOTILDE
Moins que Wultcr Scott pourtant.
FIELU1NC.
Oui, à cause des mots écossais qu'il introduit dans ses livres... Et vous aimez Cooper?
CLOT1LDE.
Beaucoup.
Plus que Walter Scott?
CLOTILDE
Je n'oserais décider entre deux, pareils génies. Cependant, je trouve plus d'idéalité dans le romancier américain, un plus profond sentiment de l'étendue, une plus grande perception de l'immensité.
FIELD1NG
Je fais compliment à mon ami de Gervais, et vois qu'il ne m'avait rien dit de trop.