‹ Théatre [sic] complet de Alex. Dumas (volume 4)Chapitre 135 sur 151 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LES MÊMES, FIELDING, poussant doucement la porte, entrant et écoutant.

FIELDING

Oui, ravissante, mais aussi très-bien jouée, très-bien!

CLOTILDE, tressaillant.

Mon Dieu !

EDMOND

Pardon, monsieur; mais...

FIELDING

Oh ! mademoiselle, je vous en supplie, achevez d'abord... ou bien ce serait me dire que j'ai été indiscret... ce qui peut être vrai... et qu'il faut que je me retire... Cependant, j'avai ; tout lieu d'espérer qu'Edwards Fielding n'était pas tout à fait un étranger pour les enfants de son ami de Gervais. Car c'est sans aucun douic à M. Edmond et à mademoiselle Clotilde que j'ai l'honneur de parler?

EDMOND

En effet, monsieur, mon père nous a dit toutes les obligations qu'il vous avait, et M. Edwards Fielding avait toute raison de croire qu'il n'était pas un étranger pour nous. Ainsi donc, ma chère Clotilde, puisque monsieur vous en prie...

(Clotilde reprend la mélodie.) FIELDING.

Bravo, mademoiselle!... Jamais le génie de l'auteur du Frcitzchutz n'a été compris par un cœur plus tendre, par une main plus habile.

CLOTILDE

Monsieur !

FIELDING

Ah! mais que vois-jc là? un roman de notre compatriote Coopcr dans sa langue originale!... C'est vous qui lisez ce livre, monsieur Edmond?

EDMOND

Non, monsieur, c'est ma sœur.

FIELD1NC.

Vous parlez l'anglais, mademoiselle?

CLOTILDE, se levant.

Oh!... un peu, monsieur...

FIELDING

Pour lire Coopor, il faut parler l'anglais beaucoup... C'est un auteur très-difficile pour les étrangers!

CLOTILDE

Moins que Wultcr Scott pourtant.

FIELU1NC.

Oui, à cause des mots écossais qu'il introduit dans ses livres... Et vous aimez Cooper?

CLOT1LDE.

Beaucoup.

Plus que Walter Scott?

CLOTILDE

Je n'oserais décider entre deux, pareils génies. Cependant, je trouve plus d'idéalité dans le romancier américain, un plus profond sentiment de l'étendue, une plus grande perception de l'immensité.

FIELD1NG

Je fais compliment à mon ami de Gervais, et vois qu'il ne m'avait rien dit de trop.

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