ACTE II, SCENE III
Mais, hélas! je suis pauvre.
LÉLIO
A quinze, — à vingt, — à trente !
GRIMALDI
Mais tu n'entends donc pas ! je te jure...
LÉLIO
A quarante !
Ah! c'est un taux légal.
GRIMALDI
Non!
LÉLIO
Mon oncle!...
GRIMALDI
A quoi bon ?
LÉLIO
Vous me refusez !
GRIMALDI
Oui.
LÉLIO
Vous ne voulez pas !
GRIMALDI
Non.
Je vous ai jusqu'ici parlé comme un jeune homme, Mais je vais maintenant, mon oncle, en gentilhomme, Vous parler sagement, avec calme et raison : .Mon oncle, pour l'honneur de votre vieux blason, Que mon père a gardé pur de toutes ces taches Qu'aux leurs font de nos jours tant de vils et de lâches! Songez que me voilà pour dettes sur le point D'être arrêté ! Voyons, vous ne souffrirez point Que moi, votre neveu, moi, noble, enfin moi, comte, Faute de quelque argent, je souffre cette honte! Faites cela pour vous, si ce n'est pas pour moi.
GRIMALDI
Mais la cho^e, en tout point, ne regarde que toi.
LÉLIO
Eh! oui, c'est sur moi seul que doit tomber la peine. Mais le mépris, mon oncle !... Oh! par pudeur humaine! Non !... soit! seulement hier, j'ai chez le duc, au jeu, Engagé ma parole à défaut d'un enjeu.
Je dois cinq cents ducats : donnez-moi cette somme, Que j'ai loyalement perdue en gentilhomme,