ACTE ni, SCENE II
lit qui sont si parfaits que, sans mal, sans effort, Mui qui les a pris meurt en croyant qu'il dort ; £nfin de ces poignards dont la trempe est si fine ^u'on n'a qu'à les poser, je crois, sur sa poitrine, *our qu'ils entrent tout seuls, et si profondément, }ue la victime tombe et meurt en un moment.
FASIO.
Comment pareille idée est-elle à vous venue?
Oh ! depuis bien longtemps c'est chose convenue ! t je ne sais comment d'un nuage pareil l'ai pu, même un instant, obscurcir ton soleil ! D'ailleurs j'étais ici venu pour autre chose: Mon cher, c'est merveilleux depuis qu'on te suppose Possesseur du secret, hélas ! trouvé par moi, ■rai! c'est à qui fera connaissance avec toi ! Et, pas plus tard qu'hier, une femme charmante, Que le même désir, il me parait, tourmente, M'a dit: « Si je ne vais demain chez Fasio, le me brouille avec vous, monseigneur Lélio. » Vai rempli mon message; accepte ou bien refuse, le ne demande pas, mon cher même une excuse. La dame étant l'objet d'un amour fort ancien, Auquel je ne tiens plus que par... ma foi, par rien.
FASIO.
Point. Amenez ici, comte, qui bon vous semble; En sommes-nous venus à nous gêner ensemble ? Vous savez, seulement, pour plus de liberté, Que le masque est la loi dont nul n'est excepté. Maintenant amenez votre belle inconnue, Et quelle qu'elle soit, elle est la bienvenue.
Paraissent au fond : Aldini, Spada et Rafaello. LÉLIO
Je te laisse jouir de toute ta grandeur.
FASIO.
Comment?
LÉLIO, lui montrant les trois jeunes gens.
Regarde. Un fat, un poète, un flatteur ! C'est une cour, mon cher, et cour des plus parfaites.
Il sort.