‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 142 sur 178 · ACTE III, SCENE V. 2oi · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V. 2oi

FASIO.

Vous vous trompez.

FRANCESCA

Comment?

FASIO.

Cette femme est venue Conduite par quelqu'un. Je ne l'ai reconnue Que trop tard.

FRANCESCA

Ah! tant mieux; puisqu'il en est ainsi. Vous ne souffrirez pas qu'elle demeure ici, Et vous la chasserez comme une courtisane Qui souille un temple saint de son aspect profane : Car le toit d'une épouse est un temple écarté Où, dehout sur le seuil, veille la chasteté !

Chasser quelqu'un qui vient chez moi! sur ma parole. Ou vous n'y songez pas. ou vous devenez folle.

FRANCESCA

Hélas ! vous l'avez dit ! Oui, Fasio, je crois

Que je deviens vraiment folle pour cette fois ; Car mon front est brûlant, mon sang bout, et ma lèvre Tremble, en vous le disant, d'une effroyable fièvre! Oui, plutôt que vous voir entre ses bras maudits, J'aime mieux vous voir mort, oui, mort ! Je vous le dis : Je suis, songez-y bien, de ces Italiennes, Constantes en amour, mais terribles en haines, Que le ciel fit sans doute en un jour de courroux. Car, pour vaincre l'ardeur de nos transports jaloux, Il ne nous donna point la patience sainte, Et notre miel d'amour tourne vite en absinthe. Hàte-toi donc, crois-moi, de souscrire à mes vœux, En chassant cette femme ! Entends-tu, je le veux !

FASIO.

Tu le veux?... Et c'est toi qui parles de la sorte? La douce Francesca veut!... très-bien, je supporte Ces mots en souvenir de nos jours d'autrefois... Mais qu'ils aient été dits pour la dernière fois! Et puis, j'ajouterai que vous y preniez garde, Que je me lasse enfin d'être sous votre garde, Que je suis homme et libre, et maître de ce lieu !

FRANCESCA

Et moi, je répondrai que j'avais devant Dieu

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