ACTE I, SCENE V
au père, je l'ai répété depuis sur la tête de mon fils, et maintenant, c'est non-seulement un serment d'amante, mais encore un serment de mère.
EMMANUEL
Alors, c'est une guerre déclarée?
MARGUERITE
Que Dieu, je l'espère, me donnera la force de soutenir. Adieu, Emmanuel, sois heureux.
EMMANUEL, la regardant s'éloigner.
Adieu, pauvre roseau qui te crois un chêne; oh! quand la main de ma mère va s'appesantir sur toi, comme tu courberas la tête, comme tu plieras les genoux ! (Apercevant Paul à la porte de la bibliothèque.) Ah ! VOUS
voilà, monsieur ! préparez vos lettres, et je vais vous signer l'obligation que vous demandez.
Il va vers la table.
PAUL
C'est inutile, monsieur le comte.
EMMANUEL, vivement.
Comment cela ?
PAUL
Je donnerai les cent mille livres à votre neveu, et je me chargerai de trouver un mari à votre sœur.
EMMANUEL, bondissant.
Mais qui êtes-vous donc, monsieur, qui disposez ainsi de ma famille?
PAUL, s'éloignant.
Qui je suis? je vous le dirai demain, car je dois l'apprendre ce soir.
EMMANUEL, l'arrêtant.
Et vous me donnez votre parole d'honneur que je vous reverrai demain?
PAUL, se dégageant.
Je vous la donne.
Il sort.
EMMANUEL, seul.
Ce que je vois de plus clair dans tout cela, c'est que voilà un homme avec lequel je me brûlerai certainement la cervelle !...