‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 87 sur 178 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

FASIO, FRANCESGA.

Fasio monte du laboratoire, et va à un tiroir, où il prend une sébile pleine de lingots d'or, puis il s'appiête à redescendre dans le laboratoire ; au moment où il va mettre le pied sur la première marche, Francesca, qui était étendue dans un fauteuil, se lève et l'appelle.

FRANCESCA

Fasio !

FASIO.

Francesca ! . . .

Allant à elle.

Que fais-tu là? tu pleures !

Pourquoi sitôt levée? à peine est-il six heures î C'est ménager bien mal ce trésor de beauté Que tu reçus du ciel pour ma félicité, Et dont je suis jaloux comme d'une merveille, le de veiller ainsi, parce que moi je veille.

FRANCESCA

Méchant! oses-tu bien me reprocher, à moi, De ne pouvoir dormir, quand tu ne dors pas, toi ? Oses-tu bien parler de ma beauté perdue Quand, brûlé chaque nuit d'une veille assidue, Courbé sur le fourneau qui te promet de l'or, Tu risques ta santé, bien plus riche trésor Que ce fragile éclat, qu'à perdre est condamnée La fleur en un matin, la femme en une année? Hier, mon bien-aimé, ne m'avais-tu pas dit Que, donnant quelque trêve à ce travail maudit, Tu te reposerais de minuit à l'aurore?

L'autre jour, comme hier, tii l'avais dit encore. Ce soir, pour m' apaiser, tu me le rediras, Et ce soir, comme hier, méchant, tu mentiras.

FASIO.

Francesca, maintenant, la chose est bien certaine, Je touche presque au but : le prix de tant de peine

refix !

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