‹ ThéâtreChapitre 125 sur 846 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

M Ui vME B'.UMANM.

Oui ; un voyageur du commerce; il a couché ici, il paît ce matin... et toi, cunte-moi ton voyage.

BIRMANS

Moi, tel que tu vois, j'ai déjeune tête à tête avec M. le bailli.

MADAME BIRMANS

Eu vérité !

BIRMANN.

Ah! quel vin! quel pâté de lièvre! et quel digne homme que M. le bailli ! A propos de pâté, non, je veux dire de M. le bailli , j'ai une hère nouvelle à t'apprendre, va! une nouvelle qui va faire une fête dans tout le pays. MADAME BIIIMASN.

ïîah !... quoi donc?

BIRMANN.

Tu sais bien , le vilain homme, qui est arrivé un beau matin, il y a deux ans; qui venait, disait-il, de la Hongrie, de la Bohême, de toutes sortes de pavs, avec une femme et une petite fille; ce vaurien qui a l'air si pauvre; enfin, Georges, l'étranger de la Montagne- Bouge...

MADAME BIRMANS

Eh bien! Georges... après?

IRMANN.

Après?... il va déguerpir.

MADAME BIRMANS

Bon ! Georges quitterait le pays?

BIRMANN.

Oui, Dieu merci ; il est en retard d'une année tout entière de taxe et du lover de sa cabane. C est une belle occasion, vois-tu, pour le mettre à la porte; et, comme personne du village ne s'aviserait maintenant de lui donner à loger, drès demain matin il sera chassé delà commune, comme vagabond et sans asile.

MADAME BIRMANS

C'est bien fait!... cVst-à-dire... Ah! mon Dieu! et sa pauvre femme, et sa petite fille ?

BIRMANS

Eh bien: en roule avec lui !... Oh! c'est déjà fait, va! j'ai vu le commandement sur papier marqué; ei ç? n'est pas malheureux pour notre maison, vois-tu; car, depuis que ce maudit homme est venu demeurer dans la montagne, c'est pis que si elle était habitée par une bande de loups. Personne n'ose plus passer le soir par le chemin deKleinfeld.Drèslecoucberdu soleil, toutes nos pratiques s'en vont bien vile, de peur de rencontrer l'homme de la montagne Ça me faitbien manquer la vente de plus de vingt pots de bierre ; et puis quand par malheur il vient à passer devant l'auberge, un jour de dimanche ou de fête, s'il entre et demande une canette, il faut voir comme chacun prend son verre, et s'éloigne de la table où il va s'asseoii ! Il semble que cet bomme porte avec lit la malédiction.

l'JO

TRENTE ANS

MADAME BIRMANN.

Ah ! voilà bien comme tu es ! toi , tu dis toujours avec les autres. Ne crois-tu pas aussi que c'est ce malheureux qui a tué le voyageur qu'on a trouvé le mois dernier au fond du pre'cipice?

BIRMANN.

Ma foi ! j'en sais plus d'un qui le soupçonne.

MADAME BIRMANE

Ah! Dieu! ça fait frémir! Et moi qui suis allée encore la semaine dernière à sa cabane!

BIRMAN»

Toi ! tu as osé?

MADAME BIRMANN.

Oh! Georges n'y était pas; mais j'ai vu sa pauvre femme et sa petite fille... Ah! Seigneur! quelle misère! le cœur m'en saigne encore; je leur ai donné un florin.

BIRMANS

Tu as eu tort.

MADAME BIRMAN»

Kh! non ; ils n'avaient pas de pain.

BIRMANN.

.!(• te dis que tu as eu tort : il ne faut jamais encourager...

( Du inonde au fond. )

DES PAYSANS, PASSAGERS, etc.

Holà, madame Birmann! à boire, à boire!...

MADAME BIRMANN.

Voilà, mes enfants. Allons! Personne pour serv. ' Guerll! François!

GCERLL.

On y va . on y va !

(Les doi.îstiques accourent et servent les gens qui arrivent. )

MADAME BIRMANN.

Voilà qu'on revient du temple; on va tirer l'oiseau sur la place. Aide ici tes garçons; moi, je vais donner un coup d'œil à ma cuisine.

LES BUVEURS, aux tables.

A boire!... a boire!...

BIRMANN.

Je suis a vous, mes enfants; une canette à chacun... Un peu de patience...

{ Uirmaoo prend des pots vides et entre dans le cellier. )

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