‹ ThéâtreChapitre 135 sur 846 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

Les Mêmes, AMÉLIE.

AMÉLIE , arrêtant sa fille.

Un étranger!..', où donc est ton

TRENTE ANS

fille

père ,

GEORGETTE

Il vient d'aller à l'ermitage avec le pauvre.

AMÉLIE

A l'ermitage!... Rentre là, mais ne t'éloigne pas.

( Georgette va prendre son carreau , et tort en l'emportant. )

ALBERT, à part.

Nous voilà seuls; aurai-je la force?...

AMÉLIE

Je suis bien étonnée , monsieur, qu'un étranger tel que vous ait daigné s'arrêter dans notre demeure, et, bien plus encore, qu'il puisse avoir à me parler.

ALBERT

Madame... un motif bien puissant... Mata vous ne pouvez reconnaître mes traits.

AMÉLIE

Quoi! monsieur, vous aurais-je connu?

ALBERT

Oui, madame... loin d'ici; dans un temps où vous étiez plus heureuse.

AMÉLIE

Je ne l'ai jamais été !

ALBERT

Jamais!... (Il va prendre sa main, Amélie la retire avec ua peu de crainte.) C était en France...

AMÉLIE

En France?... Ah! oui, j'étais heureuse, j'av.iis encore mon fils. (Examinant Albert avec un commencement de trouble. ) Mais Comment se ■peut-il?... il y a si long-temps... vous paraisse! ému, monsieur... vous semblez craindre... arrivez-vous de France?

ALBERT

Oui.

AMÉLIE

Grand Dieu! de mon pays !

ALBERT

Et je vous apporte des nouvelles de quelqu'un...

AMÉLIE

De mon fils?... Ah!... existe-t-i!?... vo l'auriez vu?... Arrêtez!... Attendez!... Ciel !... votre Age, vos pleurs... Ah! mon Dieu ! ne m'abusez pas, vous me feriez mourir.

ALBERT

Ah ! j'avais résolu de ménager votre cœur, mais je n'ai plus la force de résister au mien. Ce hls que vous pleurez, ce fils qui vous chérit... ma mère...

AMÉLIE

Ah ! ( Amélie éperdue se jette à son cou.) C'est lui ! C'est lui !... ( Elle l'embrasse avec transport. ) C'est mon fils! mon Albert!... Ab! mon Dieu! j'ai tant souffert avec courage, ne me laissez pas mourir de joie !

ALBERT

Ma mère! ma tendre mère'... je viens fini» vos peines ; je vous apporte la fortune, le bonheur. ..

Page 1