SCENE VIII
ATAB-GULL, THOMSON, BICHABD, JENNY, CLEMENTINE, HLG, Esclaves.
RicnARD. ^otre commandeur est un homme précieux, sir Thomson ; ce que nous avons vu de la fabrique nous annonce un état de pro>péiité très-satisfaisant.
THOMSON. Je m'en réjouis doublement, sir Richard, puisqu'une partie de ma fortune doit vous revenir un jour.
RICHARD, prenant la main de Jenny. Ne parlonsdonc pas de cela... cet le jolie mainlà n'e.st-elle pas déjà un trésor?
JENNY. Assez, sir Bichaid. {Apercevant Atar-Gull. ) Mais vois donc, Clémentine , ce pauvre esclave!
ATAR-GIÎLl ,
THOMSON, à Atar-Gull. Pourquoi te punit-on?
ATAR-GULL. Maître... un des nôtres a dénoncé hier au commandeur le sommeil d'un malheureux que la chaleur du jour accablait, j'ai frappé l'espion... et l'on m'a chargé de chaînes.
niLiivni). C'est par humanité... il ne faut pas permettre à ces coquins-là de s'assommer entre eux.
jenny. Eh bien, moi, je l'approuve... il faut punir les espions qui font batire nos pauvres noirs... aussi ton maître te pardonne, entends-tu ? Qu'on lui ôte sa chaîne.
THOMSON. Mais, ma fille, je n'ai pas dit que je pardonnais.
JENNY, bas à Clémentine. Clémentine, demande à mon père la grâce du coupable. .. il ne te la refusera pas à toi.
TnOMSON, qui vient d'entendre Jenny. Jalouse enfant, tu crois toujours à ma préférence pour ta sœur.
JENNY, bien bas à son père. Vous ne lui feriez pas épouser sir Richard.
THOMSON. Allons, {haut) à ta prière, je veux bien gracier cet esclave ; mais que mon indulgence ne soit pas un encouragement pour les autres. . . Le commandeur ne saurait punir injustement... c'est toujours moi qui condamne par sa voix...
ATAn-GULL, à part. Toujours lui !
THOMSON, à Alar-Qull. Tu as ton pardon.
ATAR-GULL , à genoux devant Jenny.
Merci, bonne maîtresse.
Richard. Ah çà, nous sommes venus ici en partie de plaisir; nous n'allons pas, j'espère, passer notie temps à nous apitoyer sur le sort de ces brutaux-là.
Clémentine. Baguenaudais a dû veiller à ce que l'on préparât vos chevaux pour la course projetée.
jenny. Comment, ma sœur, tu ne nous accompagnes pas dans la forêt?
clémentine. Non. Tu sais combien j'ai peur des animaux sauvages qu'on y rencontre; je préfère rester ici, près de mon père, qui a besoin de prendre un peu de repos.
THOMSON. J'en conviens... il y a loin de mon habitation à la fabiique, et le voyage m'a un peu fatigué. Allez, mes enfans, Hug vous donnera un guide.
nue Maître! parmi nous je n'en connais pas de meilleur ni de plus intrépide qu'Atar-Gull.
THOMSON. En ce cas, qu'il vienne.
ATAR-GULL. Maître... me voilà!
Jenny. Ah ! c'est toi ! Tu vas nous suivre.
atah-GULL. Partout, maîtresse... je te dois la vie.
jenny. Partons.
Tous sortent, à l'exception de Clémentine et de quelques esclaves.
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