‹ ThéâtreChapitre 154 sur 846 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les Mêmes, DRICK, un officier.

DRiCR. Maître, je viens vous dénoncer un de vos esclaves qui s'est rendu coupable de vol.

TïïOMSON, se levant. De vol !... ce crime, qui se renouvelle si souvent dans les fabriques, mérite d'être puni ; il faut des exemples. La culpabilité de l'esclave est prouvée, sans doute; prévenez les magistrats, et qu'on livre le voleur à la justice.

DRICK. La moitié de cet ordre est déjà exécutée, les juges de l'île ont reçu ma

déposition et celle d'un autre témoin que vous connaissez , maître. Mais, connue je revenais à la fabrique avec monsieur l 'officie-r et quelques soldats, pour nous saisir du coupable, nous l'avons rencontré fuyant vers le inorne aux Loups, refuge ordinaire des nègres marrons. Arrêté dans sa course par une balle qui l'a frappé à la jambe, le vieux Job est maintenant entre nos mains: il ne manque plus qu'une autorisation signée de vous pour le conduire devant le tribunal.

CLÉMENTINE. Mon père, il s'agit d'un vieillard.

Thomson. Silence!... ( Tirant ses tablettes et s' adressant à /'officier.) Je vais vous remettre le pouvoir que vous me demandez.

Il écrit.

DniCK, bus à son maure. C'est cinq cents livres que vous gagnez... Le gouverneur vous en accoide deux nulle, et Job ne vous en a coûté que quinze cents.

THOMSON, qui lui a donné le permis. Que veux-tu dire?

diuck , u mi-voix. Brûlait m'a dit que les colons se débarrassaient ainsi de leurs esclaves inutiles.

TIIOMSON , de même. Tu l'as dénoncé par calcul? Oh ! je ne tremperai pas dans une telle infamie '. le vieux Job ne doit pas mourir.

DitiCK, de même. Voulez vous donc déclarer que je suis un faux témoin, et me faire assassiner par vos esclaves?

TnOMSOx Mais, mallieureux ! tu charges mi conscience de la mort d'un homme.

DUiCK. Eli ! non, maître, ce n'est qu'un nègre au gibet. (A l'officier.) Allez, monsieur, et que justice soit faite.

L'officier sort.

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