‹ ThéâtreChapitre 158 sur 846 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

ATAR-GULL, CHAM, Nègres.

Cham, bas. C'est lui, il est seul.

atar-GULL. C'est bien le signal convenu... Arrière, esclaves et tyrans- pour Atar-Gull maintenant mort ou liberté'

Il va s'élancer au dehors; il s'arrête en apercevant Cham.

cn\M Ou vas-tu, Atar-Gull?

ATAR GULL. Qui es- tu?

CHvm. Chain! le vieux chef des noirs du morne aux Loups... Mais réponds, où. vas-tu?

atar-GULL, bus. Chercher mon père.

Ciiam. Ton père! tu ne sais donc pas...

ATAIt-GULL. Tu l'as VU?

CHAM. II est là.

atar-gull. Comment, avec vous, le vieux .lob?

cham. Tiens, voilà comme les blancs te

le rendent.

Ici deux nègres entr'ouvTent la palissade et laissent voir le coips de Job étendu.

ATAR-GUi.L. Que vois-je! mort! mort!

cham. Tais-toi, le réveil des tyrans serait notre perte.

ATAR gull. Les tigres! ils ont accompli leur abominable projet.

cham. Plus bas, Atar-Gull, p'usbas!

atar gull. Vieux père, quand je donnais mon sang pour eux, ils t'envoyaient au gibet... oh! oh1 les infâmes! (A Cham.) Ses assassins... nommez-les-moi.

ciiam. Brulart l'a dénoncé, et Thomson l'a livré.

atar-GULL, avec rage. Ah ! Job, je leur rendrai tout le mal qu'ils t'ont fait.

ciiam Prends ce poison, et la mort détruira leurs troupeaux, décimera leurs esclaves.

atar-GULL. Non ! c'est une autre vengeance que je demande; je la veux éclatante; je la veux qui se rougisse dans des flots de sang, qui brille au milieu des flammes! il me faut une vengeance d'homme libre , corps à corps, poignard contre poignard ! je veux qu'elle soit uue victoire, et non une lâcheté!

cham. Compte sur nos bras , Atar- Gull.

atar-GULL. Eh bien! écoute-moi donc.

Le maître Thomson, accompagné d'une faible escorte, va traverser la vallée; qu'il vous trouve sur son passage, prêts à trt mper du sang de tous les siens la terre où nous creuserons la tombe du vieux Job.

CHAM. Nos frères ne sont pas loin ; la perte des blancs est ceitaine. Mais toi?

ATAR-GULL. Je vous rejoindrai assez à temps pour achever l'œuvre que vous aurez commencée; mais avant je veux aller voir s'il y a un cœur dans la poitrine de Bru-

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lait... Adieu, père, nous allons faire tes funérailles. (Il s'agenouille, coui'ie de baisers le cndax'ie de Job, et sangla e; puis il se relève lout-à-coup, et dit avec courage :) Marchons !

Use dirige vers le fond, emportant avec lui le corps de son père; Chaîne! les esclaves marrons le suivent.

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