JENNY, CLÉMENTINE
Clémentine arrive sur le devant de la scène par nne allie, et Baguenaudais regagne l'habitation par une autre.
CLÉMENTINE, tenant une lettre à la main. Oli ! ti< ns, embrasse-moi, Jenny. Ma bonne sœur! je suis bien beureuse... une lettre, une lettre de lui.
jenny. De lui!
Clémentine. Oui, d'Edouard!
JENNY. Vraiment!
Clémentine. Elle était adressée à mon père; mais en reconnaissant l'écriture, je n'ai pu résister; j'ai voulu entr'ouvrir la lettre pour saisir au moins quelques mots ; elle s'est déclarée. Alors, ob ! ma foi ! alors j'ai commis l'indisuétion tout entière, j'ai brisée le cachet. Oh! ma bonne Jenny, juge de ma joie' Je l'ai baisée vingt fois celte leitre, car elle m'annonce le retour d'Edouard pour dans deux mois ; et son retour, tu le sais, c'est notre mariage.
JENNY. Chère Clémentine ! oui, tu dois être heureuse ; car tu l'aimes bien, ton Edouard, n'est-ce pas ?
clémentine. Sans doute... que je te plains, pauvre Jenny, de n'éprouver d'amour pour personne. Aimer , ah! Jenny, C est le bonheur !
jenny. Le bonheur !... oui, je le crois et je te l'envie... îMais dis-moi donc quelles émotions cet amour amène avec lui... disle-moi, pour que je les reconnaisse si elles venaient m'agiier à mon four... Dis-moi, quand le souvenir de ton Edouard se présente à ion esprit, ton seiu palpite doucement, ti « st-ce pas ? Tu aimes à être seule pour n'être plus qu'avec lui; alors tu le voi* dans ta pensée, ton cœur lui parle...
Clémentine. C'est cela, Jenny : tu connais donc l'amour?
jenny, avec embarras. Non... je le devine.
Clémentine. Eprouverais-tu par hasard quelque chose comme cela pour Richard ?
jenny. Oh ! non...
Ici un coup de fusil se fait entendre, Cle'mentine à ce bruit est remontée au fond pour voir d'où il vient, et Baguenaudais est sorti précipitamment de l'habitation.
baglenaudais. Ah ! mon Dieu! qu'estce que c'est que ça ?
clémentine. C'est mon père qui revient de la chasse avtcsir Richard et Atar-Gull.