‹ ThéâtreChapitre 168 sur 846 · THOMSON, RICHARD, ATAR-GULL · texte numérisé non relu

THOMSON, RICHARD, ATAR-GULL

THOMSON. Eh! bon Dieu ! sir Ricliard, comme vous voilà rêveur ! à quoi pensezvous donc ?

iticit xito. Je pense à guérir Clémentine de sa frayeur d'enfant. Il m'est venu une idée excellente; cela vaudra mieux que tous les conseils possibles. Atar-Gull, écoute, éciase et fais tomber la tète du serpent que nous avons laissé mort à l'entrée de l'hahitation, et tu la mettras dans la caisse de flenrs que j'ai fait porter ce matin dans .le pavillon deUémentine... Comprenez-vous, sir T(iomsot) ?

tiiomson. Sans doute... Cet'e épreuve peut être utile ; mais assure-toi bien, Atar- Cull...

ATAR-GULL , se levant précipitamment.

Sovez tranquille, maître. {A part f en sortant et avec un sourire satamque.) Merci, grand merci, Richard.

THOMSOM, qui a parcouru la lettre que lui alui^sce Clémentine en sortant. Richard, cette Ipttre m'annonce pour dans deux mois le retour d'Edouard Nelson ; dans deux mois il sera le mari de Clémentine, et vous celui de Jenny ; car j'ai voulu que les noces de mes deux filles se fissent le même jour.

r. ic.ii \iu>. Aussi désiré-je ardemment le retour de sir Edouard.

thomson. Tant mieux. Vous savez, sir Ricliard, que votre mariage est pour moi un < ngagement d'honneur. Votre père fut mon associé; il m'avait laissé une somme considérable, dont je vous devais rendre compte. Désireux de vous voir uni à ma famille, en mourant, il m'a tenu quitte de cette dette, si je consentais à vous donner une de mes filles. J'accomplirai ce dernier vœu de mon ami, et au don de la main de Jeunv, j'ajouterai la restitution de la moitié de li somme qu il m'avait abandonnée. Je voudrais pouvoir vous rendre tout, su* Richard; mais depuis deux mois la fortune a cessé de me sourire; des incendies partiels ont ruiné mon commerce de cette année ; mus esclaves, atteints d une maladie inconnue , meurent par douzaines. Il semble

qu'un mauvais génie plane sur ma maison.

Ici Atar-Gull paraît au fond, traînant après lui un serpent mort l|u il tient j.ar la queue. Il entre avec lui <lan-> le pavillon.

thomson, sans le voir. Après avoir établi mes deux enfms, il ne me restera plus qu'un îvvenu modique, mais dont à mon â-e on doit se contenter.

Richard. Mille reniercimens, sir Thomson, de ce que vous voulez faire pour moi; mais croyez bien que l'aimable Jenny était l'unique objet.. .

atar-Gull, sortant du pavillon. Les ordres sont exécutés.

Richard. A merveille.

THOMSON. Il n'y a rien à craindre, n'estce pas?...

atar-GL'll. Regardez vous-même, maître.

THOMSON, sortant du pavillon. Non.. . nul danger. Je pouvais d'ailleurs m'en rapporter à toi, mon fidèle serviteur.

RICHARD. C'est bien cela , dans la corbeille. (R an/.) Oh ! oh '. oh ! Elle va jeter de beaux cris.

ATAR-GULL, à part. Les imprudens ! ils oublient que la trace d'un serpeut mort attire toujours i\n serpent vivant... Je me le suis rappelé, moi!

Il referme vivement la porte du pavillon, et va si coueber à demi sous la jalousie delà petite fenêtre.

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