SCENE XI
CLAINVILLE, CÉCILE, HORTENSE
CÉCILE, revenant à son pire. O mon Dieu! mon père, qu'as-tu donc dit à madame la Supérieure? Il m'a semblé voir des larmes dans ses yeux.
clainville. Mon enfant, j'étais exécuteur de la volonté nationale, et j'ai annoncé à madame la Supérieure l'obligation dans laquelle elle se trouvait de rendre aujourd hui même toutes les pensionnaires à leui famille.
HORTENSE, s' approchant et écoutant étonnée. Grand Dieu !
CÉCILE. C'est donc une mesure générale?
clainville. Qui frappe toutes les communautés... Je viens te chercher, ma Cécile ; nous ne nous séparerons plus.
nORTENSE, à part. Et la pauvre orpheline, que va-t-elle devenir?
CÉCILE, apercevant Horlense près de s'évanouir, et volant à elle. Hortense!.. Mon père, te souvient- il, il y a trois ans, quand tu m'amenas dans cette maison — je ne pus retenir un soupir en jetant les yeux sur les fenêtres grillées du couvent ; l'image de la liberté illimitée dont j'avais joui jus-
1, AMITIE D Unt JEli>E IlLl.l
nu aU'i» près de loi il de mon l'rci préseuta vivement à mon espiit, hahitué à lire dan* lame de la fille, tu y démêlai , qui L'agitait . et tu me dis : « W, la vie i douce et occupée; Les ans en remplitoat loi mODOens, «t puis chaque siluation de la vio a de£ douceurs qui lui sont proji.>; tu vas avoir des compagnes de ion peut-être parmi elles irouveras-tu l^ne amie dont la tendre affection partates peines légères, tes petits chagrins, . . alors tu me remercieras d'avoir eu du courage pour nous deux.» Eli bien! tu as vrai, je l'ai trouvée, cette compagne rie. Si tes yeux pouvaient lire comme moi dans son aine, tu y trouverais le germe de toutes les vertus et de toutes les perfections... Ce couvent était son unique asile; elle n'a point de famille, point d'ami de qui elle puisse réclamer l'appui; elle ne connaît persouue sur la terre que les religieuses qui l'ont élevée, et qu'un commun malheur va séparer d'elle... Nomme-la ta fille... fais-lui partager ta tendresse — La nation, en l'envoyant faire un acte de sa volonté, n"a pas voulu que ce fût une action barbare, n'est-ce pas?.. Oh ! j'ai deviné ton cœur... je vois une larme dans tes yeux.
Clainville. Ma Cécile, que la bonté de ton aine me rend heureux et fier!... Ma fille...
cixirE. Oh ! dis, dis mes filles.
Elle amène Hortcnse près de son père, qui la serre sur son cœur.
Cl.AiWii.l E. Oui, l'assurerai SOS sort... vous m fierez pas séparées.
■OftTBNSB. Ah' mon bi. nfaiteiir!
Cécile. Regarde comme elle est émue; vois ses larmes de joie et de reconnaissance... Tu dois être bien heureux d'inspirer de tels sentimens !
CLAINVILLE. Venez toutes deux sur mon cœur... Oui, Hortense, vous serez ma fille; je donne à ma Cécile la sœur que son cœur a choisie... puissiez-vous vous aimer toujours!
CECILE, à Hortense. Ah! toujours!
noi\TE\Sb, émue. 0 ma Cécile, mon cœur était à toi, désormais ma vie t'appartient.
SCETNE XII.
Les Mêmes, L'ABBESSE , LA SOUS- MAITRESSE, Pensionnaires, puis MA DELON.
l'aebi;sse. Monsieur, le couvent de Bouxières sera fermé ce soir ; les pensionnaires le quittent à l'instant même.
On voit dans le fond les jeunes filles s'embrasser.
MADELON, un paquet de kurdes sur le dos. et une cagr à la main aotc une pie dedans. Ah! mon Dieu! mon Dieu! les pauvres pères capucins, qu'est-ce qu'ils vont devenir?
Tout le monde remonte la scène. Le rideau baisse.
FIS DU PROLOGLE.