SCENE III
Les Mêmes, ALBERT.
CÉCILE. Eh bien ! mon ami.
albert. Rien à la poste.
L'AMITIÉ DUNE JEUNE flLLE.
HORTENSE. Ah ! mon Dieu !
vikirt. Mais c'est égal; nous allons avoir dos nouvelles de voire père, mon fils arrive de L'armée.
HOUTEXSE. Esl-il vrai?
aluert. Avec une superbe blessure.
iiortense. Il est blessé !..
AI.bert. Eh! mais, sans cela... est-ce que vous croyez que mon fils aurait quitté son poste dans un moment où toutes les nations sont coalisées pour empêcher la France de faire ses affaires comme elle l'entend? Il n'y a qu'un lâche qui ferait demi-tour aux frontières. Oui, mon Charles est blessé ; mais ce ne sera rien : quinze jouis de bons soins, une demi-livre de charpie, et son bras ira encore repasser son sabre sur le dos des Prussiens.
CÉCILE. Mais d'où savez-vous...
Albert. C'est un des camarades de Charles qui a partagé avec lui le ricochet, et qui est arrivé au moment où je sortais du bureau de poste, qui m'a annoncé la nouvelle. Mon fils, m'a-t-il dit, est chargé par ses chefs de faire des réquisitions de chevaux dans le département ; nous le verrons avant une heure. Mon pauvre Charles! je vais donc l'embrasser ! Il aura nombreuse compagnie pour lui faire fête. Je ne vous ai pas dit que la mère Marguerite et ses deux nièces étaient arrivées de la ferme?
CÉCILE. Ma nourrice?
Albert. Avec Rosalie et Jeannette.
CÉCILE. Mais pourquoi ne sont-elles pas venues au château dès leur arrivée?.. Ah! c'est bien mal à elles.
Albert. Oh! elles ne vont pas tarder... elles avaient affaire à la municipalité pour des papiers... Tenez, je vous disais bien qu'elles ne se feraient pas attendre, les voilà toutes les trois.