SCENE IV
CÉCILE, H9RTENSE.
CÉCILE. Dieu soit loué , Hortense, le ciel veille sur nous... sa protection est évidente.
hortense. Que de fois je l'ai remercié dans le silence delà voiture... comme mon cœur a battu dans les premiers instans de la route!
Cécile. Heureusement, les voyageurs avec lesquels nous nous sommes trouvées paraissent bons, simples, et trop occupés de leurs affaires pour s'inquiéter des nôtres. Hortense, nous n'avons plus rien à redouter, nous sommes à Meaux, ce soir même nous arrivons à Paris, et là l'inspiration ne nous manquera pas pour aviser aux moyens de sauver mon père.
HORTENSE, réfléchissant. Je pense à une précaution que nous avons négligée et qu'il est peut-être encore temps de prendre: les assignats qui nous restent sont insuffisans pour les petits frais de route que nous avons encore à faire, il faudrait au plus tôt aviser au moyen de changer une pièce d'or.
CÉCILE. Ne pouvons-nous entrer chez une marchande, y faire emplette de quelque bagatelle, et obtenir cet échange avec sécurité ? . .
HORTENSE. Peut-être ici exciterions-nous les soupçons?
Cécile. Tu t'alarmestrop facilement!..
Quoi de plus naturel que deux voyageuses, même des habitantes des campagnes, aient une pièce d'or, fruit de leurs épargnes?
HORTENSE. J'aimerais mieuxqu'unautre que nous se chargeât...
Cécile. Tu crois... eh bien! tiens, ce garçon...
HORTENSE. Sans doute.