SCÈNE IV
LA COMTESSE , seule.
Comme il m'a parlé!.. Pas de ménagemens, pas de pitié!.. L'épouser! à mon âge!.. Éclairée comme je le suis sur son caractère ; sans illusion , sans amour, enchaîner le reste de ma vie à cet homme, ne serait-ce pas anticiper de trop loin sur mon sort à venir?., car Dieu n'aura pas non plus pitié de moi, sans doute!.. Que je souffre! C'esi un crime que de songer à cela... ilab s'il avait pu lire dans mon '>me. tandis qu'il*®»
vo\ ant écrasée sous la terrible nouvelle de ce matin!.. (Après une pause.) Il est donc mort! c'est donc fini !.. Dois-je vous en rendre grâce, ô mon Dieu?.. L'image de ce malheureux jeune homme cessera-t-elle enfin de venir toutes les nuits s'offrir à moi comme à cette heure de péril et d'angoisse !
LA FOULE, dans la rue.
Le voilà ! le voilà ! ohé ! ohé !
LA COMTESSE , regardant son bracelet.
Souvenir cher et funèbre , gage de désespoir et d'amour... te voilà donc seul à me rappeler mon fils!.. Oh! que je l'aurais aimé! Perdu, mort, peut-être, mais toujours perdu, il est là, cependant... il me parle.., il me dit de faire ce que veut Magnus... Jet'obéirai, mon Frédéric, mon ange ! Toi qui de là-haut me regarde et prie pour moi, sans doute...
LA FOULE, suus les fenêtres.
Ohé ! ohé ! à la potence, Oscar ! à la potence, le bandit!..
LA COMTESSE
Quel bruit! que se passe-t-il donc ?
(Elle ouvre une fenêtre.) LA FOULE , plus distinctement.
A la potence, Oscar ! à la potence , le bandit ! Houra! houra!
LA COMTESSE , revenant épouvantée.
Qu'ai-je vu? Oscar! C'est lui, c'est son cadavre qu'ils traînent et déchirent sur le pavé ! Mon Dieu! mon Dieu! pitié et miséricorde pour son âme ! (Elle tombe agenouillée.)