SCÈNE I
CAROLINE, seule.
Minuit bientôt!., c'est ici que mon bon Magnas m'a fait dire de l'attendre. Il veut me voir à l'insu-de ma marraine... il a un secret à me révéler, et puis après je choisirai, dit-il, entre la Comtesse et lui !.. je cherche vainement à deviner... mais après tout... qifai-je à craindre? Magnus ne peut rien vouloir de moi , qui ne soit
| honorable , rien dont nous puissions rougir l'un ou l'autre. Ainsi, je l'attendrai... Excellent ami ! Le voilà seul , à présent... le voilà privé des soins
; de sa t.aroline... Oh ! je tâcherai qu'il revienne dans la maison... Ma marraine et lui se sont lâchés à cause de M. Frédéric... 11 faudra bien que je les réconcilie... Frédéric!.. Mais pourquoi penser à Frédéric? folle que je suis ! c'est la Comtesse qu'il aime !.. Hélas! il ne songera jamais à moi... une pauvre orpheline sans fortune et sans nom ! (Elle soupire.) J'entends marcher... sans doute ./est Magnus... (Elle regarde.) .Non, c'est Frédéric ! que vient-il faire, à cette heure ? Oh ! qu'il ne me voie pas !
(Elle se cache derrière la psyché.)
CAROLINE, cachée, FRÉDÉRIC.
FRÉDÉRIC
Personne ne m'a vu entrer... c'est à merveille... me voici au lieu indiqué... attendons, maintenant...
CAROLINE
Que vient-il donc faire ici?
FRÉDÉRIC
Vraiment la fortune ressemble aux femmes. Elle sourit à l'audace... depuis ce matin, que de bonheur ! le vieux juif Jordans me laisse lui gaigner cent mille florins !.. ce soir, j'apprends ma nomination à la présidence de justice criminelle ; enfin la Comtesse se brouille avec Werner jet me donne rendez-vous à son château, la nuit !
CAROLINE
Malheur à moi !
i FRÉDÉRIC.
Tout me réussit. Il est vrai qu'au milieu de non brdlant horizon, j'ai vu apparaître un image... \\ olf... mais, bah ! il m'aime trop pour ;jue j'aie beaucoup à craindre de lui... et d'ailleurs, dans ce moment même, à la ville, les tardes de la police m'en débarrassent peut-être )our toujours.
CAROLINE
Quelles horribles paroles!., mon Dieu!
TRÉDÉRIC, jetant les yeux sur la pendule qui est
sur la cheminée à droite.
Minuit ! la Comtesse se fait bien attendre. . . «c
*&* CAROLINE
Et Magnus qui va venir?..
(On entend du bruit en dehors; une croisée du fond s'ouvre à moitié.) FRÉDÉRIC.
Du bruit à cette fenêtre !.. un homme ! M olf passe sa tète par l'ouverture et voit Frédéric qu'il ne reconnaît pas d'abord.)
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