‹ ThéâtreChapitre 303 sur 846 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

CAROLINE, seule.

Minuit bientôt!., c'est ici que mon bon Magnas m'a fait dire de l'attendre. Il veut me voir à l'insu-de ma marraine... il a un secret à me révéler, et puis après je choisirai, dit-il, entre la Comtesse et lui !.. je cherche vainement à deviner... mais après tout... qifai-je à craindre? Magnus ne peut rien vouloir de moi , qui ne soit

| honorable , rien dont nous puissions rougir l'un ou l'autre. Ainsi, je l'attendrai... Excellent ami ! Le voilà seul , à présent... le voilà privé des soins

; de sa t.aroline... Oh ! je tâcherai qu'il revienne dans la maison... Ma marraine et lui se sont lâchés à cause de M. Frédéric... 11 faudra bien que je les réconcilie... Frédéric!.. Mais pourquoi penser à Frédéric? folle que je suis ! c'est la Comtesse qu'il aime !.. Hélas! il ne songera jamais à moi... une pauvre orpheline sans fortune et sans nom ! (Elle soupire.) J'entends marcher... sans doute ./est Magnus... (Elle regarde.) .Non, c'est Frédéric ! que vient-il faire, à cette heure ? Oh ! qu'il ne me voie pas !

(Elle se cache derrière la psyché.)

CAROLINE, cachée, FRÉDÉRIC.

FRÉDÉRIC

Personne ne m'a vu entrer... c'est à merveille... me voici au lieu indiqué... attendons, maintenant...

CAROLINE

Que vient-il donc faire ici?

FRÉDÉRIC

Vraiment la fortune ressemble aux femmes. Elle sourit à l'audace... depuis ce matin, que de bonheur ! le vieux juif Jordans me laisse lui gaigner cent mille florins !.. ce soir, j'apprends ma nomination à la présidence de justice criminelle ; enfin la Comtesse se brouille avec Werner jet me donne rendez-vous à son château, la nuit !

CAROLINE

Malheur à moi !

i FRÉDÉRIC.

Tout me réussit. Il est vrai qu'au milieu de non brdlant horizon, j'ai vu apparaître un image... \\ olf... mais, bah ! il m'aime trop pour ;jue j'aie beaucoup à craindre de lui... et d'ailleurs, dans ce moment même, à la ville, les tardes de la police m'en débarrassent peut-être )our toujours.

CAROLINE

Quelles horribles paroles!., mon Dieu!

TRÉDÉRIC, jetant les yeux sur la pendule qui est

sur la cheminée à droite.

Minuit ! la Comtesse se fait bien attendre. . . «c

*&* CAROLINE

Et Magnus qui va venir?..

(On entend du bruit en dehors; une croisée du fond s'ouvre à moitié.) FRÉDÉRIC.

Du bruit à cette fenêtre !.. un homme ! M olf passe sa tète par l'ouverture et voit Frédéric qu'il ne reconnaît pas d'abord.)

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