‹ ThéâtreChapitre 376 sur 846 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

CHRISTOPHE, CONRAD; puis BROWN et MULLER.

CONRAD , arrivant très-gai. Ah ! mon père, je suis bien aise que vous soyez encore ici. Yous savez que je vous avais quitté pour aller annoncer à M. Brown que vous consentiez à tout. Je n'ai pas eu la peine d'aller chez lui : à quelques pas d'ici , je l'ai trouvé qui dînait chez un de ses amis, notre voisin, Wernei l'aubergiste; ©n m'a forcé de m'asseoir, nous avons vidé qutlques bouteilles à votre santé , mon père , ainsi qu'à mon prochain mariage

avec Gertrude; et puis le papa Brown s'eat levé de table en disant qu'il ne rentrerait pas chez lui sans avoir donné le bonjour au beau-père futur de sa Gertrude : si bien que je vous l'ai amené... notre ami Muller l'accompagne ; les voici tous les deux.

Brown et Muller entrent. Brown entre avec an air riant et va droit à Knntz, h qui il dit en lui tendant la main.

brown. Eh! bonjour, maîtreKuntz, que je vous remercie de votre excellente nouvelle ! vous m'avez mis aujourd'hui la joi< au cœur et pour long-temps : votre mail dans la mienne , j'avais hâte de presser la main d'un ami... ( // lui prend la main. ) Maître Kuntz, vous êtes un bon père, vous devez être un ami sûr et fidèle.

CHRISTOPHE, très-gêné. Monsieur...

brown. Tenez... je n'ai pas voulu vous le dire quand ça paraissait vous contrarier, parce qu'après tout chacun est juge et maître de ses actions ; mais vrai, je crois que tous deux nous prenons aujourd'hui le bon parti en mariant nos deux enfans ; aussi je ne saurais vous dire tout ce que j'ai éprouvé de plaisir en apprenant que vous donniez votre consentement.

CHRISTOPHE. Si l'on vous a dit que je consentais à ce que mon fils épousât votre fille, monsieur, on vous a trompé.

CONRAD , au comble de la surprise. Que dites-vous , mon père ?

brown. Quoi , monsieur ! il n'est pas vrai...

MULLER. Mais , père Christophe , c'est tout-à-1'heure, devant moi.

Christophe. Eh bien , c'est tout-àl'heuce , devant vous , qu'on s'est grossièrement trompé sur mes intentions.

CONRAD. Ah çà , mon père , est-ce une plaisanterie, et jouons-nous à un jeu d'enfant?

Christophe. Ceci , monsieur , est chose grave ; et votre père n'aime pas à plaisanter en matière si sérieuse.

CONRAD. Ainsi vous niez?...

CHRISTOPHE. Je nie que j'aie consenti jamais à ce mariage. Ah! qu'ému de vos prières, touché de votre repentir , j'aie eu la faiblesse de ne pas tenir bon pour votre union avec mademoiselle Dubois , cela peut être vrai ; mais que j'aie dit : Oui, au sujet de votre mariage avec la fille de monsieur que voilà , non , non , mille fois non !

brown. Conrad , vous m'avez donc trompé, ou bien vous vous trompiez vousmême?

Conrad, atterré. Monsieur Brown, vous me voyez muet d'étonnement et d'indi-

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