SCENE XI
les Mêmes, PÉTERS.
IV fers achève de servir le souper; le Cure, après
aToir fait a Christophe un signe expressif, commence a manger et continue pendant toute la
«cène.
CHRISTOPHE, obéissant au signe du curé.
Péters, il faut vous eu aller d'ici.
PÉTEns. Nous me chassez , maître...
moi qui vous sers depuis quinze aus !...
CHRISTOPHE. Je ne peux plus vous garder.
PÉTEns. Est-ce par économie, maître, que vous me réformez? Je resterai pour rieu.
CHRISTOPHE , qui a regardé le curé. Il faut que vous partiez.
PETEns. Alors, maître, je vais chercher une condition ; et avant huit jours, je vous aurai débarrassé.
Christophe, même jeu. Il faut que vous partiez aujourd'hui.
PÉTERS. Aujourd'hui ! à l'heure qu'il est, et par le temps qu'il fait?... Mais vous ne savez donc pas que la pluie tombe par torrens?...
LE Cl'RÉ, qui ne cesse pas de manger. Il tombe de la pluie?. . . Je ne rentrerai pas ce soir au presbytère; je passerai la nuit chez vous.
Christophe. J'allais vous le proposer. . . En effet il y aurait imprudence... Péters , faites préparer la chambre de M. le curé.
PÉTERS. Maître, elle est toujours préparée d'avance.
LE CURÉ, toujours mangeant. Alors, qu'il s'en aille... on n'a plus besoin de lui.
CliRisrorHE. Vous entendez, Péters?...
PÉTERS. Je m'en vais, maître; je l'aune mieux comme ça: ce n'est pas vo'isqui me renvoyez... c'est lui. (ri part.) Allons trouve! Conrad ; on vient de médire qu'en revenant de chez le curé, qu'il n'a pas rencontré chez lui, il est entré au cabaret de niaitie Verser, où il s'est mis à boue; je lui conterai ce qui m'ai rive, il empêchera bien qu'on me chasse, lui.
Il va pour sortir.
CHRISTOPHE, se lésant de table, s'approche de Péters, et lui dit tout bas en voulant lui mettre sa bourse dans la main. Péters, si tu as besoin d'argent...
PETERS, le repoussant. Non, je n'en veux pas. Pour que vous puissiez me l'offrir, il faut que monsieur lit-bas le permette ; e est comme si lui-même me le donnait; j aimerais mieux mourir de faim que d'accepter un demi-florin de cet homme-là.
Il tort.
\UU\VVM
SCEJNE XII.
CHRISTOPHE, LE CURÉ
LE CURÉ. Insolent valet ! n'importe!...
Voilà donc enfin une journée qui aura servi à quelque chose : un mariage coupable rompu sans retour ; un fils rebelle rangé à l'obéissance; un païen mis à la porte... après cela on peut dormir tranquille. ( S'essuyunt la boucfie. ) J'ai parfaitement soupe... et vous?...
CHRISTOPHE. Je n'ai rien mangé , mon père je n'ai pas faim.
le curé. En effet vous n'avez touché à rien. (Se levant.) Je ne vous en blâme pas : c'est en mortifiant votre chair par le jeûne, par la prière , par les veilles que vous pourrez rendre voire repentir agréable à Duu et vous faire pardonner un crime...
CHRISTOPHE , avec terreur. Mon père !...
le CL'RÉ. Un crime que vous devez sans cesse rappeler à votre souvenir.
CiimSTOi'nE, plus effiayé. Oh ! pas aujourd'hui, mon père!... pas à celte heure!
LE CCRÉ. Aujourd hui doit être pour vous un jour de pénitence , cette heure une heure de prière. Je me retire pour me livrer au sommeil : Vous, pécheur , vous ne devrez songer à prendre du repos que demain au lever du soleil, après que vous aurez passé la nuit entière à prier Dieu et à pleurer sur votre faute.
Il sort par la gauche.
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