SCENE V
les Mêmes, un Si m am>, STRAFFORT.
(Celui-ci paraît toujours calme . mais .sans et ses habits déchires et souillés de houe. ferme la porte derrière lui.)
Si'R UT'OKT , a madame Dappei. Merci, madame ; vous nie sauvez la vie... merci. .. Il est l)on de retrouver , au milieu de tant de rebelles, un cœur loyal, un cœur vraiment anglais.
madame DAPPEL. Je suis étrangère , milord ; je suis Française.
STRAFFORT , lui Luisant la main. N'importe, madame, quelle main vous me tendez, puisque cette main me sauve; seulement je crains de ne pouvoir jamais m'acquitter envers vous.
(Ou entend rugir la foule au dehors : des pierres brisent une vitre.)
madame dappel. Pardon, milord, vous le pouvez.
STRAFFORT. Il faudra que ce soit donc bientôt, madame, ou j'aurai bien peur que la volonté nui!, survive au pouvoir.
MADAME dappel. Ce sera dès demain.
STRAFFORT. Oh '. demain j 'espère encore être ministre... Que demandez-vous pour demain , madame?
madame dappel. L ne audience du roi pour moi et ma nièce.
STRAFFORT. \ ous l'aurez (Les murmures et les rumeurs redoublent.) Si toutelois cette maison , où j'ai cru voir un asile , ne devient pas un tombeau ; car les hommes qui hurlent au dehors pourraient bien être de quelque intelligence avec ceux que je trouve au dedans.
le constable. Milord, ils vont enfoncer cette porte! Milord, vous êtes
perdu !
madame dappel. Et pas d'au ire sortie!
STRAFFORT, impérativement. En ce cas,
ouvrez, monsieur le constable ! (A madame Dappel.) Madame . si j'arrive jusqu'au roi, je vous donne ma foi de gentilhomme que voire commission sera faite. Ouvrez cette porte , monsieur le constable ! dût le meurtre en personne m 'attendre SUT le seuil!
OLIVIER , allant a lui. Milord ! vous nous connaissez mal! nous sommes vos ennemis et non vos assassins... jNous vous accusons devant la chambre ; mais nous ne tramons point un guet-apens dans la rue. Milord, prenez mon bras; et je vous réponds, sur mon honneur, que pas un cheveu ne tombera de votre tête.
STRAFFORT. Quelque inattendue que soit votre offre, monsieur, je l'accepte.
MADAME DAPPEL , bas et très-vite à M. Pym. Mais il va sortir! il va nous échapper !.. .
PïM. Soyez tranquille, nos constables sont là.
STRAFFORT, prenant le bras d'Olivier.
Alors, a demain, madame!
LE CONSTABLE, s avançant. Pardon, milord, mais il y a ordre du parlement pour que monsieur (désignant Olivier) ne quitte pas cette maison.
STRAFFORT , avec hauteur. Ordre du parlement, dites- vous, monsieur le constable? ... Eh bien ! il y a ordre du roi pour qu'il en sorte ; entendez-vous!., ordre du roi !..
LE CONSTABLE , se retournant vers le shérifj. Ordre du roi?...
le Shériff. Ordre du roi : laissez passer.
( Les gens de justice se découvrent et livrent passage au comte et à Olivier, qui sortent ensemble. Mrae Dappel se dirige lentement vers la porte.)
PYM , rêveur , sur le devant de la scène , après au Olivier est sorti. Le roi plus fort que le parlement ! . . . Nous avons encore besoin de cet homme.