‹ ThéâtreChapitre 492 sur 846 · DE POMBAL, ANTOINETTE · texte numérisé non relu

DE POMBAL, ANTOINETTE

Antoinette. Mon Dieu! puis-je

croire à ce que j'entends, et à ce que je vois?... M. de Mondovillea donc raison , imon père?... vous avez voulu sa mort?

DE POMBAL. Eh bien! oui...

Antoinette. Oh! ma tête s'égare!...

Et qu'a-t-il fait?

DE pombal. C'est toi qui le demandes?

ANTOINETTE. Quoi ! c'est à cause de moi qu'il doit mourir ? Ah ! je vous demande grâce pour ce jeune homme ! c'est un malheureux !.. c'est un malheureux !.. mais il ne faut pas qu'il meure !.. Qu'estce que cela me fait qu'il me croie coupable?., il en a le droit, il m'a vue entrer chez vous, seule , en secret , toute tremblante!.. Sait-il que vous êtes proscrit!., que vous êtes mon père?.... ah! retirezvous de la lutte que vous avez engagée contre lui!... Si vous saviez ce qu'il m'a dit !.. vous succomberez.

DE pombal. M. deMondoville est condamné ! le droit de te croire coupable... grand Dieu !.. avait-il celui de livrer ton nom à la risée de ses amis, ton nom !.. le nom de ma fille!., va , c est moi seul que je venge. Je l'immole non seulement à ton honneur , non seulement à ma sûreté, mais surtout à cette haine invétérée que j'entretiens depuis vingt ans contre sa famille !.. Sois donc tranquille... tu ne seras pour rien dans sa mort !.. mais il mourra, c'est dit !

Antoinette. Ma mère ! ma mère !

DE pombal. Si c'est pour m'inspircr des idées de pardon que tu invoques le souvenir de ta mère !.. mais ce que Mondoville a fait contre toi, son père l'avait fait contre elle. Ecoute-moi, puisqu'il faut que je me justifie ! apprends qu'il avait osé, le lâche!... qu'il s'était vanté de mon dés» honneur!... Nous nous battîmes, et j'eus le malheur de ne pas le blesser à mort limais j'attirai sur moi les vengeances d'une famille puissante ; ils me forcèrent à m'expatrier , et voilà pourquoi je suis devenu corsaire!.. Qu'en dis-tu? voyons! ma haine pour le nom de Mondoville n'est-elle pas juste et sainte? Devant Dieu, je crois que

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ta mère était innocente... et pour t'aimer, vois-tu, j'ai besoin de le croire; mais enfin sa réputation était perdue et j'étais devenu jaloux ! Malheur à celui qui a voulu faire à ma fille une destinée pareille à la destinée de sa mère... point de pitié pour celui-là.... pour le calomniateur, point de pitié !

Antoinette. Oui , vous avez raison...

je vous respecte — je vous aime, mais je Tais grâce à M. de Mondoville, et je veux

que vous lui fassiez grâce aussi mon

père, au nom de votre amour pour moi... au nom de cette martyre et de cette sainte que nous adorons tous les deux , faites que je n'aie pas à me reprocher la mort de ce jeune homme !... Je vous demande sa vie comme je vous demanderais la mienne.

(Elle se jette à ses genoux.)

DE pombal. Comme tu me demanderais la tienne !..

Antoinette. Eh bien! oui... je l'aime !..

puisque

de pombal. Tu l'aimes ?..

Antoinette. Vous me forcez à vous faire un aveu que je ne voulais pas me faire à moi-même. Accablez-moi... maudissez moi ! mais qu'il vive !.. S'il meurt , entendez-vous, amour ou remords, je le suivrai.

de pombal. Tu l'ai mes , malheureuse enfant !... tu l'aimes et tu veux mourir? ah ! courons...

(Grand tumulte au dehors; bruit de pas dans les appartemens ; brait de voix dans la rue.)

VOIX, au dehors. Est-il mort?... Au secours !. . apportez des flambeaux !..

de pombal, s'arrélant. Ciel et terre !... il n'est plus temps !..

Antoinette. Grand Dieu !... M. de Mondoville !..

de pombal. C'est à toi de me maudire, ma fille !..

Antoinette. Mort! mort !.. ma mère , pardonne-moi ! . .

weocoaoaoooooaoooocooaoaaoaoooaaoaaaacooaaaBaas

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