JEAN, THÉRÈSE, LE DUC, LE COMTE
jean. Soyez les bienvenus, cavaliers, trois fois les bienvenus chez moi.
LE DUC. Merci, brave homme.
JEAN. Ne me remerciez pas : le voyageur apporte au foyer de son hôte la bénédiction de Dieu.
le comte . A la vue du feu que vous avez allumé, au milieu de l'orage, nous nous sommes dit que nous trouverions ici bon accueil et bon gîte , et je vois avec plaisir que nous ne nous sommes pas trompés.
jean. Si une modeste hospitalité , offerte d'un cœur joyeux, peut vous suffire, vous vous trouverez bien ici. Si vous avez froid, voilà mon feu... si vous avez faim, voilà ma table.
le duc. Nous acceptons l'un et l'autre avec une égale reconnaissance ; et, en vérité , l'un nous est aussi nécessaire que l'autre, car nous avons le dos trempé
comme une éponge , et l'estomac creux comme un tambour.
LE COMTE otant son manteau. Voilà un manteau assez lourd pour faire plier un âne sur ses jarrets.
LE DUC, otant le sien. Et en voici un autre qui contient assez d'eau pour noyer une demi-douzaine de chats.
(Pierre rentre.)
JEAN. Pierre, prends ces manteaux.. Si vous le trouvez bon, mes honorables cavaliers, nous pourrons, mon fils et moi, vous prêter aussi des vêtemens qui sont bien
grossiers, il est vrai, mais bien chauds
et pendant...
LE duc. Si nous le trouvons bon! nous le trouverons, pardieu! excellent!.. Votre pourpoint , s'il vous plaît , mon bon ami, et vous verrez que je ne suis pas aussi délicat que je le parais.
JEAN, donnant un pourpoint. Voilà, voilà, mon cavalier!
pierre , de même. Voici le vôtre , mon? sieur !
LE COMTE, le prenant. Grand merci.
(Le Duc et le Comte mettent les habits des deox paysans.)
JEAN. A présent , Thérèse, mets-nous quelque chose de plus sur la table, et donne-nous, en l'honneur de nos hôtes, cette bouteille de Mont-Méliant que mon grand-père m'a laissée pour tout héritage, va. Toi, Pierre, porte les manteaux à sécher... moi, je vais chercher du bois pour ranimer le feu... De l'activité, sang-Dieu! et que l'on tue le veau gras, car. .. (s'en allant en riant ) car les enfans prodigues sont arrivés...
oooco800QcoocoocoooQgooceQ®oecooooooooo®QO