‹ ThéâtreChapitre 523 sur 846 · JEAN, THÉRÈSE · texte numérisé non relu

JEAN, THÉRÈSE

Thérèse. Ma foi ! Tardy, vous pouvez vous vanter d'avoir fait de belle besogne; vous verrez que ces freluquets, qui ont encore la bouche toute pleine de vos histoires, n'auront rien de plus pressé que d'aller les débiter au duc. Que la sainte Vierge nous préserve de mal!., mais de quelle malencontreuse rage de bavarder ètes-vous donc possédé ?

jean. Allons! ne vous fâchez pas , ma femme; je vous demande pardon d'être allé sur vos brisées.

Thérèse. Trêve de plaisanteries! vous voudriez bien tourner la chose en risée, maintenant que vous sentez votre tort.

Tardy ! Tardy ! vous êtes un homme cruel, et le pis , c'est que vous ne vous corrigerez jamais.

jean. Ce ne sera pas du moins faute de bonnes leçons, n'est-ce pas? Mais en vérité, vous ne crieriez pas plus fort quand j'aurais commis un acte de haute trahison.

TnÉRÈSE. Eh ! n'en est-ce pas un pour

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un pauvre fermier que de parler du duc, des grands et de Cliainbéry comme vous l'avez fait ?

JEAN. Ai-je dit autre chose que la vérité ?

THÉRÈSE. La vérité ! la vérité! croyezvous que ce n'est pas un crime que de dire de semblables vérités aux puissans? Vous, Tardy , vous pensez qu'il suffit d'être honnête , de payer ses dettes et d'ôter son chapeau à tout le monde, et qu'après cela on peut dire tout ce qui vous passe par la tète. Dieu veuille que vous n'appreniez pas à vos dépens ce qu'il en coûte!

JEA\. J'espère que tu as fini, maintenant, et que...

THÈnÈSE. Je vous demande un peu ce que cela vous fait que le duc parcoure les rues sous un déguisement, fût-ce celui du diable , et que l'on tue là-bas du monde la nuit , pourvu que vous puissiez dormir tranquillementcbez vous. Mon Dieu! occupezvous de vos récoltes et de vos bestiaux, et ne vous mêlez pas des affaires de l'état, qui ne vous regardent pas.

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