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ACTE TROISIEME

Une chambre dans la maison de Cerdic. Deux portes, l'une, h gauche, donnant sur le dehors ; l'autre, à droite, donnant sur la chambre île Marianne; une troisième masquée, sur le premier plan à droite; une fenêtre au fond, ayant vue sur la mer.

SCEiNE PREMIERE,

MARIANNE , en scène; GERVAISE , qui

entre précipitamment.

MARIANNE. Eli bien! Gervaise, quelles nouvelles ?

GERVAISE. Toujours le massacre et la proscription... c'est le représentant arrivé d'hier... celui-là même que vous avez été forcée de loger dans cette maison, qui excite le peuple à la vengeance... si l'on m'avait dit, il y a sept ans, lorsque vous fûtes enlevée par ces gardes du pavillon, qu'un jour je les plaindrais, j'aurais bien accusé de mensonge celui qui m'eût dit cela... Ils étaient si insolens et si impitoyables alors!... mais aujourd'hui ils sont si malheureux!... ou plutôt il est à craindre qu'ils ne le soient déjà plus.

Marianne. Que dis-tu ?... en effet, les gardes du pavillon échappés à la guerre civile étaient renfermés dans cette prison, où le peuple a pénétré pour se faire justice par lui-même...

GEftVAlSE. Oui, ils crient tous que les prisonniers conspiraient ; qu'ils s'entendaient pour nous livrer aux Anglais, qui , en ce moment, bloquent notre port...

qu'il faut égorger les aristocrates jusqu'au dernier; rien ne peut les sauver, car ils échapperaient, que nul ne pourrait donner asde à un proscrit... sans être frappé par la loi. Mais qu'avez- vous donc?...

comme vous êtes pâle !

Marianne. Gervaise, ne fais point attention ; c'est la suite de mes journées de larmes, de mes nuits sans sommeil... j'ai

tant pleuré depuis que Cerdic, à peine délivré de sa prison par le peuple, qui lui a rendu son épée, est parti , sur l'ordre de la république , pour une croisière périlleuse sans vouloir me pardonner ni me revoir ! il est parti en nie maudissant, et il mourra peut-être en me croyant coupable, car je ne le reverrai plus sans doute...

gervaise. Pourquoi ces tristes pensées?

Marianne. Et comment veux-tu qu'il rentre dans le port au milieu de cette flotte anglaise qui foudroierait cent fois son bâtiment au passage? Non, Gervaise, non, te dis-je, je ne le re verrai plus !.. . je mourrai sans espérance et sans pardon !

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