SCENE XVII
Les Mêmes », CERDIC.
cerdic. Quel est ce bruit?... Qu'y a-til?
MARIANNE, à part. Ciel!... Cerdic!
le REPRÉSENTANT. Citoyen, nous faisons une visite domiciliaire chez toi.
CERDIC. Chez moi !
le représentant. Oui, pendant l'émeute qui vient d'avoir lieu, un condamné s'est, dit-on, réfugié ici; etuons demandions à la citoyenne...
cerdic. Et tu pourrais supposer que Marianne auraitrecueilli unhomme frappé par la loi, au risque de sa vie et de la mienne, qu'elle jouerait en même temps?..
le REPRÉSENTANT. Non; mais mon devoir est de fouiller partout dans cette maison, qui est aussi la mienne; et ta femme .refuse de laisser pénétrer dans cette pièce.
MARIANNE. C est ma chambre , mon ami, et je ne crois pas qu'on ait le droit d'y pénétrer ainsi.
cerdic. Citoyen représentant, pour concilier tes devoirs avec les égards que la femme du capitaine Cerdic est en droit d'exiger de ses concitoyens , je te propose un moyen... Je vais entrer dans cet appartement, et je te jure sur l'honneur que, si, par un hasard que je ne puis comprendre, un proscrit s'y est introduit à notre insu, fût-ce mon ami le plus cher, je te le livrerai.
MARIANNE. Que dit-il?...
le représentant. Capitaine Cerdic, j'accepte et je m'en fie à ta loyauté.
CEUDIC. Tu as ma parole.
Il entre un flambeau à la main.
MARI \N.\E. Tant de tortures, de remords, d'angoisses, mon Dieu!... Commentse faitil que ma vie ne se brise pas?
Cerdic ressort ; son maintien est calme, mais sa figure est bouleversée.
LE REPRÉSENTANT. Eh bien?
MARIANNE. Grâce, mou Dieu i
Silence.
CERDIC. Il n'y a personne.
le représentant. Il suffit; mesdevoirs ne vont pas jusqu'à douter de ta parole... Continuons nos recherches dans la maison qui suit.
11 sort avec ses hommes.
* Marianne, !«-' représentant, Cerdic.
L'OFFICIER BLEU