‹ ThéâtreChapitre 686 sur 846 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

PEREZ, seul.

Il les suit des yeux , et, redescendant la scène, il dit avec un soupir : Sans lui pourtant, c'est moi qui accompagnerais ma maîtresse... ça me revient déchoit... Je le déteste ce courtisan à la langue dorée. . . Mais elle, imprudente femme! elle ne s'inquiète pas de ce que dira le monde, quand il saura que, senle avec le marquis, n'ayant que moi pour sauvegarde... Ali ! c'est que, sans le savoir, elle s'ennuie ici... la solitude lui pèse, il faut un aliment à son imagination si ardente et si vive!... Pourquoi ne pas m'écouter, ne pas retourner là-bas, d'où nous sommes venus.'1... Oh! l'Espagne! quand donc reverrons-nous l'Espagne?... Moi, peut-être jamais!.. Dans ce: te France, où il m'a fallu la suivie, j'éprouvecequ'ds appellent ici, je crois, le mal du pays ; un ennui, un tourment que je no puisdéfinir est là, toujours là, qui me ronge, qui me dévore

Ah ! ce n'est pas vivre... Et pourtant, ne faut-il pas que je trouve des forces et du courage pour continuer de veiller sur elle,

Ïour la défendre?... oui, je la défendrai. . . 'renez garde, monsieur le marquis de Sannois, faites votre métier derouéet d'imposteur, moi, j e ferai le mien de gardien fidèle et dévoué.. .(Reprenant avec tristesse.) Et. puis, quandje ne croirai plus qu'aucun danger soit à craindre pour elle, quand je la verrai bien heureuse... alors, seulement, alors je fléchirai la tète sous le poids de mes propres chagrins, et comme elle n'aura plus besoin de mes services, moi, je pourrai mourir !

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