SCENE XVIII
THIBAUDIER, MARGER1N , GISQUETTE; puis PIERRE, Mme THIBADDIER, ALIX; puis JOANNES, CHAMPFLEURY, etc.
cisquette, en entrant en scène, s'arrête et regarde derrière elle.
Mais, Pierre, avancez donc! voyez s'il ne va pas comme une tortue!
PIERRE
J' peux pas être des deux côtés à la fois... ces dames ne vont pas plus vite.
Il lève sa lanterne comme pour les éclairer, et attend.
GISQUETTE
C'est not' bourgeoise; pauvre femme... mais l'inquiétude l'a poussée à venir... il a bien fallu lui dire la vérité, son mari ne revenait pas ... et tout de suite en route, dar, dar.,. et mamsclle Alix aussi.
margerin, près de la porte, encore dans l'intérieur.
Du dehors je pourrrai faire mettre sur pied toute la rue par cet horrible cri : le feu ! le feu ! . . . alors je reviendrai des premiers avec les autres.
Gisquetle, qui s'est remise en marche toujours en avant, Se trouve près de la porte quand Margerin sort.
cisquette, tout près de lui.
C'est-y vous, monsieur?
margerin, à part.
Gisquctte, dehors, à l'heure qu'il est?
cisquette, le prenant par le bras.
Vous nous avez fait une belle peur! (Appelant.) Madame ! madame ! le v'ià
MARGERIN.
Laisse-moi, laisse-moi; tu te trompes.
gisquette, le serrant plus fort.
Ab ben ! à moi, Pierre! v'ià quelqu'un qui sort de chez nous !
ume thibaudier, viv entent. Qu'est-ce que tu dis?
pierre.
Me v'ià, mamselle Gisquette; (il pose à terre le fallot) et maintenant je le tiens, nous sommes des bons!
MARGERIN.
Ne serrez pas si fort, mon garçon, je suis une connaissance de la maison.
alix, gui est arrivée pendant que Gisquette est entrée dans l'intérieur avec le fallot; à part.
C'est lui! (A Mme Thibaudier.) C'est M. Margefin, ma tante 1 Lacbez-le donc, Pierre !
ume THIBAUDIER.
Eh bien! voyons, voyons, qu'est-il arrivé? mon mari est donc là-dedans? ( Elle s'appuie sur le chambranle.) Ah ! le vilain homme de nous donner comme ça du tourment! Entrons.
cisquettb, au haut de l'escalier , se heurtant contre Thibaudier.) Qu'est-ce qu'il y a donc?
MARGERIN, bas à AilJC.
0 ma bien-aimée! pourquoi sommes-nous ici!
aux, de même.
Qu'est-il donc arrivé?
margerin, de même.
Un affreux malheur, auquel je ne comprends rien!
ALIX
Un malheur !
gisquette, à la croisée, le fallot en dehors. Au meurtre! à l'assassin! ne le lâchez pas! à
l'assassin!
Mme THIBAUDIER.
Qu'est-ce qu'elle crie ?
gisquette, gui a toujours entrecoupé le dialogue de cris.
Mon pauvre maître ! tué d'un grand coup dans la poitrine!
Mme THIBAUDIER.
Aht
Elle tombe sur le banc, on s'approche.
CHAMPFLEURY
Eh bien! qu'est-ce qu'il y a?
Mme THIBAUDIER.
Un si brave et digne homme!
PIERRE
Et v'ià le brigand qui l'a tué!
ALIX
C'est impossible 1
CHAMPFLEURY
Lui, Margerin! laissez donc tranquille!
maufilatre , dérangeant tout le monde pour se faire place.
Qu'est-ce qui se passe ici?
Mme THIBAUDIER.
C'est par vengeance qu'il a tué mon mari, mon mari qui l'aimait au fond !
alix, ù genoux près de sa tante.
Par vengeance, lui , ma tante, vous n'y pensez pas ?
Mme THIBAUDIER.
Oui, oui, parce qu'il lui avait interdit l'entrée de notre maison.
TOUS
Ah!
CHAMPFLEURY, à part.
Avec ça qu'il n'y entrait pas !
JOANNES
Place à la justice et à la garde!
CHAMl'FLEURY.
Ah ça! le secret m'étouffe , d'abord ; je vas parler !
margerin , à Champ flcury.
Silence! Dieu nous voit, il sait la vérité!
LES CHIENS DU MONT-SAINT-BERNARD
aux, regardant Margerin avec incertitude. Lui, meurtrier de mon protecteur! lui! 0 mon Dieu! faites que ce soit une odieuse calomnie!
Li garde entoure Margerin ; la justice p.'nèlre a l'intérieur ; tout le monde se presse pour entrer dans le logis.
Joannes, à Maufilâtre.
Bien singulier hasard!
MAUFILATRE.
Oui, le hasard, ce grand maître du monde, qui rend la justice d'en-haut à l'aveugle, comme nous la rendons ici-bas.
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