SCÈNE IV
Le* Mêmes, on Officier de maréchaussée, Cavaliers de la même arme.
l'officier.
Ne laissez sortir que les personnes qui se feront connaître. (Retenant Dermont et Rodolphe.) On ne sort plus, messieuis.
RODOLPHE
Comment ?
DERMONT
Vous voulez ■n'empêcher?...
( Dn voit les joueurs défiler un à un , entre les soldats , en montrant leurs papiers.)
l'officier.
Je dois exécuter mes ordres. Montrez - moi vos papiers; s'ils sont en ré^le vous serez libres.
DERMONT
Quoi! je serais contraint à me deshonorer, en déclarant dans un tel lieu, mon nom, ma qualité?...
l'officier.
Il n'y fallait pas venir... Vos papiers?
Grand Dieu! mais pourquoi cette violence? l'officier.
Je dois vous en instruire. Des diamants d'un grand prix ont été volés dans une maison voisine; on soupçonne qu'ils ont été apportés ici.
DERMONT
Et vous osez supposer?...
RODOLPHE
Arrêtez!... Quelque honte qu'il y ait à se faire connaître ici, je n'hésite point. Je me nomme Rodolphe Déricourt, et je me porte caution pour monsieur.
DERMONT
Vous!... digne jeune homme, vous le pouvez sans crainte.
l'officier.
Vous répondez de monsieur, quoiqu'il se dise étranger?... Comment se nomme-t-il?
Je.
( L'officier l'interrompt. )
RODOLPHE
Je vous atteste...
L OFFICIER
Son nom ?
Je me nomme Dermont; je suis négociantarmateur; ma maison est a Marseille, et je suis arrivé ce soir même. Cela vous suftira-t-il ? l'officier.
Oui, monsieur, quand cela géra prouvé; jusque-là je serai forcé de vous conduire devant le magistrat.
DERMONT
Moi !... juste ciel!...
RODOLPHE
Monsieur...
( Un brigadier approche et remet un papier à lofficier. ) l'officier.
Quatre personnes arrêtées. (On voit en effet quatre joueurs retenus par les gendarmes. — A Dermont.) Monsieur, vous allez aussi me suivre. dermont.
Moi!.... Malheureuse Amélie, qui pourra l'éclairer a temps?
RODOLPHE, courant à lui.
Amélie!... Ah ! grand Dieu ! vous seriez?...
DERMONT
Son parent, son tuteur, et je venais la sauver.
RODOLPHE
Ah! ce mot éclaircit tout. Fiez-vous à moi; un ordre , et je vole...
DERMONT, lui remettant un papier.
Oui, à mon hôtel !... Ah! généreux ami, hâtez-vous; je vous devrai plus que la vie. l'officier.
Marchons.
( Sortie générale. — Le théâtre chance. — Il représente un
sulon d'été, tout ouvert sur le jardin. — Il est meublé de
quelques fauteuils , particulièrement de celui destiné à
M. Je Gennany, et de tables de chaque côté de la scène
— 11 est dii heures du matin.)