‹ ThéâtreChapitre 836 sur 846 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

LOUIS , seul.

Maman 1... (Il fait des mouvement, étend ses petites mains et s'écrie :) Chère maman , répondsmoi. (// appelle avec supplication.^ Bonne mère, est-ce que tu n'entends pas ton petit Louis ? (Il fait un mouvement plus vif.) Maman ! (La partie du vêtement par laquelle il est suspendue se céthire, et l'enfant vient tomber sur la pluie-forme au-dessous.) Oh! mon Dieu , mon Dieu , je tombe... (Il tâte autour de lui des piech et des mnins.^ Maman ! (Des flocons déneige viennent tomber jusqu'à lui.) Il pleut sur moi. (On entend comme le bruit des pierres qui roulent de degrés en degrés.) Oh! mon Dieu, que j'ai pCur! Maman! (il crie de toute sa force) maman ! maman! oh! j'ai bien peur, j'ai bien froid.

Sa voix enrouée se perd dans un sanglot et il reste immobile. On n'entend plus que le bruit momentané des pierres et des débris qui de temps à autre viennent d'en haut ou se détachent des parois du gouffre. Enfin commence à se faire entendre un mélange confus de voix lointaines qui partent d'un point plus élevé. Bientôt on reconnaît les sons distincts d'une voix plus rapprochée, et l'œil peut voir les objets prendre une teinte rougeâtre et se colorer insensiblement d'une lumière tremblottante qui se reflète sur les saillies du rocher. LA VOIX.

Arrêtez , arrêtez un moment ; le voyage est affreux : les fragmens , les débris du sol qui

s'éboulent me tueront avant que j'arrive. (On voit le bout ferré d'un long bâton de guide qui vient se ficher dans un des interstices du roc, et la lumière d'en haut jctic un éclat plus vif.) Et comment arriver? mes forces n'y suffiront pas ; ce précipice est sans fond.

A la lueur éclatante d'une torche enflammée, qu'un bras semble porter en avant, on distingue bientôt l'homme qui la porte , soutenu par des cordes et se guidant avec le bâton ferré.

\\v\v\uv\n\w\v\%\

Page 1