‹ ThéatreChapitre 20 sur 232 · LE PRÊTRE · texte numérisé non relu

LE PRÊTRE

Domimis vohiscmn.

l'enfant de chœur.

Et cum spiritu tuo.

SATAN AS

Tu tuo... Quelle cacophonie et cpiel latin! du vrai latin de cuisine! Le bon Dieu n'est pas difficile. Ce prètre-làa l'air d'un buffle à qui l'on aurait scié les cornes. Si le Seigneur est avec son esprit, le Seigneur court grand risque d'être seul ou en bien mauvaise compagnie. Mais avisons à ce que font nos deux péronnelles.

BLANCUEFLOR.

Libéra 7ws a malo.

SATAN AS, ricanant.

Délivrez-nous du mauvais. Ainsi soit-ii. (\ demi-voix.) Il paraît qu'on s'occupe de moi. Que cette jeune fille est belle ! on la prendrait plutôt pour une dame de la cour que pour une simple bourgeoise ; elle efface toutes ses compagnes. l'orgueil de blancheflor.

Il est vrai que je ne suis pas mal, et que, si j'étais parée, peu de jeunes filles pourraient l'emporter sur moi. SATAN as.

Ah! ah ! voilà quel est ton avis ! 0 les femmes, les femme^ ! Je crois que k» plus humble a encore plus d'orgueil que moi, le dfable, qui ne reconnais perboune au-dessus de moi, pas

18 TIIÈATP.E.

inèine Dieu, (iiam.) Tous les hommes oui les yeux fixés sur elle, et, si elle voilait pour ani nit ou pour mari le fils tlu comte, elle l'aurait trcs-ccrlainemeut.

l'oRGLEII. de riLA.NCHEFLOR.

Pourquoi pas ?

Elle laisse loinbcr son livre de messe. SATANA*.

Voilà qui marche ou ue peut mieux. Essayous de l'autre mainteuaut.

AI.IX

M.i sœur est hien distraite aujourd'hui.

SATANAS, se logeant dans la boucle d'oreille d'Alis, et la faisant parler.

Je suis faite avec l'or le plus fin et par le meilleur orfèvre ; 6a crtiirait qu'il a pris uu rayon du soleil, qu'il l'a forge et arrondi en cercle, tant je suis luisante et polie ; aucun œil ne peut soutenir mon éclat; je suis ornée d'une grosse émera'ule îlu plus beau vert de mer, et, au moiudie mouvement, je fais un cliquetis le plus agréable et le plus coquet du monde ; les boucles d'weilles de Berthe oiît l'air de cuivre rouge.. Et puis je mords par son lobe de corail la plus charmante oreille qui se soit jamais enroulée, comme une co{p!ille de narre, près d'une tempe transparente et sous de be lUx cheveux noirs. i.'oiîeille.d'alix.

En vérité, je suis bien plus petite et bien mieux ourlée qMe roroille de ma sœur.

SAl.NT BO.NAVE.NTVRE, <o dctaclianl du vitrage et se projetant comme nno ombre sur le col d'Alix.

Alix, Alix, prends garde!

SATANAS

Ce n'est pas de jeu, l'èri- éternel ; tu triches, cela n'est pas honnête ; lu devais me laisser agir. J'aperçois aussi par là les anges gardiens des deux créatures ; s'ils ne s'en vont, je les plumerai tout vifs.

LE PÈr.E LTEOEL.

Tu prends la mouche hors de {'ropos. C'est la réfraction du 'soljcil à travers les vitraux.

SATA>AS.

A d'autres ! Le soleil n'est pas de ce côté, et les autres ombres se projettent toutes en sens inverse.

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