‹ ThéâtreChapitre 162 sur 250 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

EDWIGE, à Bérengère.

Qu'est-ce que c’est que cette plaisanterie? Est-ce que vous vous imaginez qu'il va vous épouser?

BÉRENGERE.

Et vous donc?

ED WIGE.

Moi, c’est autre chose; il m’a connue innocente, il me doit une réparation.

BÉRENGEÈRE.

Il vous a connue innocente? Eh bien, il a fallu qu'il se lève de bonne heure.

ED WIGE.

Insolente !

BÉRENGÈRE

Ça prend peut-être avec lui, mais pas avec moi... J'ai eu des renseignements précis sur vous, depuis hier... Les quatre chanteuses hongroises d'hier, ce n'étaient pas vos sœurs.

ED WIGE.

Ce n'étaient pas mes sœurs?

BÉRENGÈRE, à mi-voix.

C'étaient vos filles! (Edwige reste suffoquée, Bérengère, continuant.) Vous avez encore trois autres enfants connus, dont le géant russe qui était l’année dernière aux Folies- Bergère…

EDWIGE s'évanouit, et tombe sur un siège.

Ah}... (Se relevant.) J'aime mieux m'en aller.

Elle sort très exaltée.

ALBERT, à la caissière.

Oh! alors, je ne me tue plus... Sept enfants, dont un géant!

LA CAISSIÈRE

Et vous pensiez l'avoir connue jeune fille?

ALBERT

Comme il y a des physionomies trompeuses!

Il sort.

BÉRENGÈRE, à Jacqueline.

Je pense que son mariage est plutôt compromis.

JACQUELINE

Mais le tien?

BÉRENGÈRE

Je n’y crois pas énormément non plus.

Philibert entre et va à la caisse.

LA CAISSIÈRE

Ah! monsieur Philibert, j'ai oublié de vous remettre tout à l'heure, un mot de M. Bigredon.

La caissière sort. Yvonne la remplace.

PHILIBERT, ouvrant le mot, lit.

Nouveau plan de campagne. (A part.) 11 m’embête, celui-là ! (Lisant.) « Pour vexer Albert, vous lui soufflez sa

maîtresse. J’ai envoyé ce matin à Bérengère d'Aquitaine un bouquet de deux louis avec une carte de vous ».. Oh! il m'embèête, celui-là.

JACQUELINE, à Bérengère.

En somme, qu'est-ce que tu vas faire?

BÉRENGÈRE

Eh bien, je n’en sais rien.

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