ACTE IV. — BLANCHE
SALTABADIL
Oui, l'on fait à cette heure Mauvais ménage au ciel. L'un gronde et l'autre pleure.
BLANCHE
Si mon père savait à présent où je suis!
MAGUELONNE
Mon frère!
BLANCHE, tressaillant.
On a parlé, je crois.
Elle se dirige en tremblant vers la maison, et applique à la fente du mur ses veux et ses oreilles.
MAGUELONNE
Mon frère!
Et puis?
MAGUELONNE
Sais-tu, mon frère, à quoi je pense.'
SALTABADIL
Non.
MAGUELONNE
Devine.
SALTABADIL
Au diable!
MAGUELONNE
Ce jeune homme est de fort bonne mine. Grand, fier comme ApoUo, beau, galant par-dessus. Il m'aime fort. Il dort comme un enfant Jésus. Ne le tuons pas.
BLANCHE, qui entend et voit tout, terrifiée.
Ciel!
SALTABADIL, tirant d'un coffre un vieux sac de toile et un pavé, et présentant le sac à Maguelonne d'un air impassible.
Recouds-moi tout de suite Ce vieux sac.
MAGUELONNE
Pourquoi donc?
Pour V mettre au plus vite, Quand j'aurai dépêché là-haut ton Apollo, Son cadavre et ce grès, et tout jeter à l'eau.
MAGUELONNE
Mais. . .
SALTABADIL
Ne te mêle pas de cela, Maguelonne.
MAGUELONNE
Si...
SALTABADIL
Si l'on t'écoutait, on ne tuerait personne. Raccommode le sac.
BL.^NCHE.
Quel est ce couple-ci ?
N'est-ce pas dans l'enfer que je regarde ainsi .''
MAGUELONNE, se mettant à raccommoder le sac.
J'obéis. — Mais causons.
SALTABADIL
Soit.
MAGUELONNE
Tu n'as pas de haine
Contre ce cavalier.''
Moi! C'est un capitaine!
J'aime les gens d'épée, en étant moi-même un.
MAGUELONNE
Tuer un beau g.arçon qui n'est p.is du commun. Pour un méchant bossu fait comme une S!