‹ ThéâtreChapitre 199 sur 314 · ACTE IV. — BLANCHE · texte numérisé non relu

ACTE IV. — BLANCHE

SALTABADIL

Oui, l'on fait à cette heure Mauvais ménage au ciel. L'un gronde et l'autre pleure.

BLANCHE

Si mon père savait à présent où je suis!

MAGUELONNE

Mon frère!

BLANCHE, tressaillant.

On a parlé, je crois.

Elle se dirige en tremblant vers la maison, et applique à la fente du mur ses veux et ses oreilles.

MAGUELONNE

Mon frère!

Et puis?

MAGUELONNE

Sais-tu, mon frère, à quoi je pense.'

SALTABADIL

Non.

MAGUELONNE

Devine.

SALTABADIL

Au diable!

MAGUELONNE

Ce jeune homme est de fort bonne mine. Grand, fier comme ApoUo, beau, galant par-dessus. Il m'aime fort. Il dort comme un enfant Jésus. Ne le tuons pas.

BLANCHE, qui entend et voit tout, terrifiée.

Ciel!

SALTABADIL, tirant d'un coffre un vieux sac de toile et un pavé, et présentant le sac à Maguelonne d'un air impassible.

Recouds-moi tout de suite Ce vieux sac.

MAGUELONNE

Pourquoi donc?

Pour V mettre au plus vite, Quand j'aurai dépêché là-haut ton Apollo, Son cadavre et ce grès, et tout jeter à l'eau.

MAGUELONNE

Mais. . .

SALTABADIL

Ne te mêle pas de cela, Maguelonne.

MAGUELONNE

Si...

SALTABADIL

Si l'on t'écoutait, on ne tuerait personne. Raccommode le sac.

BL.^NCHE.

Quel est ce couple-ci ?

N'est-ce pas dans l'enfer que je regarde ainsi .''

MAGUELONNE, se mettant à raccommoder le sac.

J'obéis. — Mais causons.

SALTABADIL

Soit.

MAGUELONNE

Tu n'as pas de haine

Contre ce cavalier.''

Moi! C'est un capitaine!

J'aime les gens d'épée, en étant moi-même un.

MAGUELONNE

Tuer un beau g.arçon qui n'est p.is du commun. Pour un méchant bossu fait comme une S!

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