‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 106 sur 446 · VENDÔME, NEMOURS · texte numérisé non relu

VENDÔME, NEMOURS

TEVDÔMK.

£u.x me fuit, l'ingrate ! elle emporte ma TÎe : O honte qui m'accable ! ô ma bonté trahie ! Rappelez-la , mon frère , apaisez son courroux ; Je prétends lui parler, soyez juge entre nous. Mes discomrs imprudent l'ont sans doute offensée ; Fléchissezrla pour moi.

9SXOUAS.

Quelle est votre pensée ?

Parlez , que Tonlez-yoïis ?

TBJIDÔXB.

Qui , moi ! ce que je Teuz I Je Teux.... je dois briser ce joug impérieux. Je prétends qu'elle parte , et qu'une fuite prompte Emporte mon amour , et m'arrache à ma honte. Qu'elle étale à la cour ses- charmes dangereux,. Qu'elle ma laisse.. '

vBxouas.

Eh Men ! Totre coeur généreux Écoute son devoir-, et cède à la justice : Je lui Tais anooncer ce juste sacrifice. Sans doute que son oomr, sennhie à tos bontés , Se souTÎcndnt toujours....

TBKDÔXE.

Non, Nemours, arrêtez, Je n'y puis consentir ; Nemours , qu'elle demeure. Je sens qu'en la pesdant il faudrait que je meure.

THJUtRB, TOMB II. Q

,3o VARIANTES

Eh qaoi ! yous tonguêet d«9 tcMttànéiéê

Dont le ûnx orageux trotiirfe met Toloatés !

Vous en étonnez-Toos ? Je perds tom ce que j'aime.

Je me haii , je me erainê , je me oombelt moinnéme.

Mon frère , si l'amour a jaoïais eu tos aoiiis ,

Si vonB arez aimé , toiu m'exciusei du moins.

. ITEM ou II s.

Mon frère , de Tamonr j*ai trop senti les chirmes : - J'éprouyai , comme tous , ses cradles alarmes : J'ai combatta long-temps » j*ai cédé sons ses coups ; Et je me crois peat-étre à plaindre autant que tous.

TBSDÔXB.

Vous y mon firère ?

HBM ouas.

Après tout y puisqu'il est impossiUe Que jamais À tos feux son cœur soit accessible y Écoutez votre gloire et vos premiers desseins. Raffermissez un trône ébranlé par vos mains ; Empêchez que 1* Anglais n'opprime et ne partage De nos rois , nos aïeux , le sanglant héritage ; Et que , par les Bourbons tout l'état soutenu....

TXNDÔMX.

Adélaïde , hélas ! aurait tout obtenu.

Je cédais k l'ingrate une entière yictoire.

Mon frère , vous m'aimez , du moins j'aime à le croif« : ^

Vous avez , il est vrai , combattu contre moi ;

Telle était , dites-vouj » la voloiité du roi.

TeUe était sa fruvur , et vous l'avez servie ;

Je vous l'ai pardonné , pour jamais je l'oublie.

Dans ces lieux , s'il le faut, partagez mon pouvoir;

Mais si mon infortune a pu vous émamtoif ,

Si vous plaignez ma peine , apprenez-meî » mon frète ,

Quel est l'heureux amant qu'à Vendôme on préftie.

Ne connattrai^-je point i'tibjec de mon eourronx ?

Porterai-je au hasard ma vengeance «t naes^xmfM?

Ne soupçonnez-vous point à qui je idois ma rage ?

Vous connaissez la conr, aesmours et asnianguge»

Vous savez que sur nous , sur nos aecreia amcmrs^

Des oisifs courtisans les yeux veiUent toujours.

Qui nomme4-on ? du moins qui pense-t-on qu'elle aime ?

KSKOURS.

Eh ! de qmls aooveanx traits veut peroes-rons TMis-méme I

D'ADELAÏDE DU GUESCLIJV. ,3,

l»e qad.p«b«a«« „!,« dont «o. ««n- «rit dMrm*. Ne TOUS i«dBt-d p« ,„.•,«, „tte « wit aimé ?

tehd6me.

Quel plmir TOUS sentez, cniel, à me le diref Je ne sois point aimé îqnoi? ttcàe,.je soupire ! Mais, encore one fois , qai pnis-je sonpconncr ? Aidez ma jalousie à se déterminer.

Je ne sms point aimé f Malheur à qui peut Fétre I Malbeui; à l'ennemi* que j> pourwu conaafire ! J'ai soupçonné Coooy ; sa (vmm pcviliité '

Peut-être se jonaîA de BMiOtéd^lité.

A tout ce que je d» raus détourne* k tne ; L'ingrate , jple saia,. voiM était inommne ; Vousn^a^ez iFu qi^'ioi sa» âuesM» appas^ Et ma tendre amitié ne toqs sonp^nne pas. Peut-être qu'eUe *urv, pour combler mon injnn , - Choisi mon ennemi dans une foule obscure. Dans son abaissement elle a mis son honneiir ; Sa fierté s'applaudit de braver ma grandeur Et de sacrifier au rang le plus vulgaire Tout l'orguea de mon nmg , oublié pour lui plaire,

jrXMOURS.

Pourquoi d'un choix indigne osez-Tous l'accuser ?

VBirDÔlTB.

Ab ! pourquo» dan» mon cœur osez^ous l'excuser ? Quoi ! toujours de to» mains déchirer ma blessure ! Allez , je vous crottad» l'tuti-Qr de lAon injure ; Si.... Mais est-il bien vrai , n'aviez-vous vu jamais Cet objet dangereux que j'aime el que je bais ? Est-il Trai ?... Pardoiwe» ipa jajouse fiuie.

irsvovRS.

Au nom de la nature et du sang qui nous lie. Mon frère , permettez que, dès ce même jour, Pour voua unir au roi , je revole à la cour : Ces soins détoomeront le soin qui vous dévore.

VXHDÔKB.

Non , périsse plutôt cette cour que j'abhorre ! Périsse l'univers doat mon c^ur est jaloux 1

VBMouas.

Eh bien l où coorex-TOus , mon ft<ère ?

V«lfI>ôl|B.

• Loin de tooS|

Loin de tous les témoins des affronta que j'endure. Laissez-moi me cacher à toute la nature ; Laissez-moi....

NEMOURS

Que veut-il? quel serait aon dessôn ?

-Ses yeux fermés sur nous s'ouTTÎraient-ils enfin ? Allons , n'attendons pas que son inquiétude De ses premiers soupçons passe à la certitude : Arrachons ce que j'aime à ses transports affreux , Dassions-nous pour jamais pous en priver tous deux. Guerre civile , amour , attenUts nécessaires , H^as î à. quel eut réduisez-vous deux frères !

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