AM^LIB
Nos sermens. mutuels Devançaient les setmens réservés aux autels. J'attendais, dans Leucate en secret retirée, Qu'il y vint dégager la foi qu'il m'a jurée , Quand les Mauies cruels, inondant nos déserts , Sous mes toits embrasés me chargèrent de fers. Le duc est l'allié de ce peuple indomptable ; U me sauva , Taise , et c'est ce qui m'accable. Mes jours à mon amant seront-ils réservés P * Jours tristes , jours affreux , qu'un autre a conservés !
IPâîSB.
Pourquoi donc, avec lui vous obstinant à feindre,
lii LE DUC DE FOIX>
Nourrir en lui des feux qu'il vous faudriii éteindre?
Il eût pu respecter ces saints engagemeps.
Vous eussiez mis un frein à ses eraportemens.
ÀMBLIB.
Je ne le puis ; le ciel , pour combler mes misères ,
Voulut Tun contre Tautre animer les deux frères.
Vamir, toujours fidèle à son matb«, à nos Mis,
A contre un révolté vengé rhonneur* des rois.
De son rival altier tu vois la violence;
J'oppose à ae$ fureurs un douloureux silenee.
Il ignore , du moins , quen des temps plus heureux
Vamir a prévenu ses desseins amoureux :
S'il en était instruit, sa jalousie affreuse
Le rendrait phis à craindre, et moi plus malheureuse.
C en est trop , il est temps de quitter ses étals :
Fuyons des ennemis, mon roi me tend les bras.
Ces prisonniers , Taise, à qui le sang te lie.
De ces murs en secret méditent leur sortie :
Ils pourront me conduire, ils pourront m'escorter;
Il n'est point de péril que je n'ose afl&t>nier.
Je hasarderai tout , pourvu qu'on me délivre
De la prison illustre oà Je ne saurais vivre.
TAISB.
Madame, il vient à vous.
AMÉLIE
Je ne puis lui parler^ Il verrait trop mes pleurs toujours prêts à couler. Que ne puis-je à jamais éviter sa poursuite !