‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 126 sur 446 · AM^LIB · texte numérisé non relu

AM^LIB

Nos sermens. mutuels Devançaient les setmens réservés aux autels. J'attendais, dans Leucate en secret retirée, Qu'il y vint dégager la foi qu'il m'a jurée , Quand les Mauies cruels, inondant nos déserts , Sous mes toits embrasés me chargèrent de fers. Le duc est l'allié de ce peuple indomptable ; U me sauva , Taise , et c'est ce qui m'accable. Mes jours à mon amant seront-ils réservés P * Jours tristes , jours affreux , qu'un autre a conservés !

IPâîSB.

Pourquoi donc, avec lui vous obstinant à feindre,

lii LE DUC DE FOIX>

Nourrir en lui des feux qu'il vous faudriii éteindre?

Il eût pu respecter ces saints engagemeps.

Vous eussiez mis un frein à ses eraportemens.

ÀMBLIB.

Je ne le puis ; le ciel , pour combler mes misères ,

Voulut Tun contre Tautre animer les deux frères.

Vamir, toujours fidèle à son matb«, à nos Mis,

A contre un révolté vengé rhonneur* des rois.

De son rival altier tu vois la violence;

J'oppose à ae$ fureurs un douloureux silenee.

Il ignore , du moins , quen des temps plus heureux

Vamir a prévenu ses desseins amoureux :

S'il en était instruit, sa jalousie affreuse

Le rendrait phis à craindre, et moi plus malheureuse.

C en est trop , il est temps de quitter ses étals :

Fuyons des ennemis, mon roi me tend les bras.

Ces prisonniers , Taise, à qui le sang te lie.

De ces murs en secret méditent leur sortie :

Ils pourront me conduire, ils pourront m'escorter;

Il n'est point de péril que je n'ose afl&t>nier.

Je hasarderai tout , pourvu qu'on me délivre

De la prison illustre oà Je ne saurais vivre.

TAISB.

Madame, il vient à vous.

AMÉLIE

Je ne puis lui parler^ Il verrait trop mes pleurs toujours prêts à couler. Que ne puis-je à jamais éviter sa poursuite !

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