‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 127 sur 446 · SCÈNE IIL LE DUC DE FOIX, LISOIS> TAISE · texte numérisé non relu

SCÈNE IIL LE DUC DE FOIX, LISOIS> TAISE

LE DUC, à Taïse.

EsT-cB elle qui m'échappe ? est-ce elle qui m'évite ?

Taïse 9 demeurez ^ vous connaissez trop bien

Les transports douloureux d'un cœur tel que le mien.

Vous savez si je l'aime, et si je l'ai servie ,

Si j'attends d'un regard le destin de ma vie* •

Qu'elle n'étende pas l'excès de son pouvoir

Jusqu'à porter ma flamme au dernier désespoir :

Je hais ces vains respects , cette reconnaissance ,

Que sa froideur timide oppose à ma constance.

Le plus léger délai m'est un cruel refus ,

Un affront que mon cœur ne pardonnera plus.

C'est en vain qu'à la France, à son maître fidèle,

Elle étale à mes yeux le faste de son zèle;

Il est temps que tout cède à mon amour, à moi.

Qu'elle trouve en moi seul sa patrie et son roi.

Elle me doit la vie , et jusqu'à Thonneur même ;

Et moi je lui dois tout, puisque c'est moi qui l'aine.

Unis par tant de droits , c'est trop nous séparer ;

L'autel est prêt, j'y cours; allez ïy préparer.

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