SCÈNE IIL LE DUC DE FOIX, LISOIS> TAISE
LE DUC, à Taïse.
EsT-cB elle qui m'échappe ? est-ce elle qui m'évite ?
Taïse 9 demeurez ^ vous connaissez trop bien
Les transports douloureux d'un cœur tel que le mien.
Vous savez si je l'aime, et si je l'ai servie ,
Si j'attends d'un regard le destin de ma vie* •
Qu'elle n'étende pas l'excès de son pouvoir
Jusqu'à porter ma flamme au dernier désespoir :
Je hais ces vains respects , cette reconnaissance ,
Que sa froideur timide oppose à ma constance.
Le plus léger délai m'est un cruel refus ,
Un affront que mon cœur ne pardonnera plus.
C'est en vain qu'à la France, à son maître fidèle,
Elle étale à mes yeux le faste de son zèle;
Il est temps que tout cède à mon amour, à moi.
Qu'elle trouve en moi seul sa patrie et son roi.
Elle me doit la vie , et jusqu'à Thonneur même ;
Et moi je lui dois tout, puisque c'est moi qui l'aine.
Unis par tant de droits , c'est trop nous séparer ;
L'autel est prêt, j'y cours; allez ïy préparer.