I.ISOIS
L'ennemi s^ayançait , et n'est pas loin de nous.
LB DUC
Je l'attends sans le craindre , et je vais le combattre. Crois-tu que ma faiblesse ait pu jamais m'abattre? Penses-tu que l'amour, mon tyran , mon yainqueur, De la gloire en mon âme ait étouffé l'ardeur ? Si l'ingrate me hait , je veux qu'elle m'admire; Elle a sur moi sans doute un souverain empire , Et n'en a point assez pour flétrir ma vertu. Ah ! trop sévère ami , que me reproches-tu? Non , ne me juge point avec tant d'injustice.
* Est-il quelque Français que l'amour avilisse ?
* Amans aimés, heureux, ils vont tous aux combats, Et du sein du bonheur ils volent au trépas.
Je mourrai digne au moins de l'ingrate que j'aime.
LISOIS
Que mon prince plutôt soit digne de lui-même ! Le salut de l'état m'occupait en ce jour ; Je vous parle du vôtre , et vous parlez d'amour ! Seigneur , des ennemis j'ai visité l'armée ; Déjà de tous côtés la nouvelle est semée Que Vamir votre frère est armé contre nous. Je sais que dès long-temps il s'éloigna de vous. Vamir ne m'est connu que par la renommée : Mais , si par le devoir , par la gloire animée , Son âme écoute encor ces premiers sentimens Qui l'attachaient à vous dans la fleur de vos ans, Il peut vous ménager une paix nécessaire; Et mes soins....