LETTRE DE M. ALGAROTTI
A M. LÀ^BÉ FRANCHINI,
ZIITOTX DE FI^OASaCBy
SUK LA TRAGÉDIE DE JULES-CÉSAR, PAR M. DE YOLTAlREk
J'ai différé jusqu'à présent, mùnûmr^ de Toms envoyer le luAs-^César qne tous me demandes» povr Tans faii^ part de celui de M. de Voltaire. L'édition qu'on a fiûte à Paris est très informe; on y reconnaît asaca la main de quelqu'un du genre de ceux que Pétrone appelle Dattoret umbfmtki; elle est défectueuse au point qu'on y trouTe des vers qui n'ont pas le nombre de syllabes nécessaire: cependant la critique a jugé cette pièce a^ec la même sévérité que si Bf. de Voltaire l'eût donnée lui^* même au public. Ne serait^-il pas iiquste d'imputer an Titien le manrais coloris d'un de ses tableaux 9 barbouillé par un peintre moderne? J'ai été asses beurenz pour qu'il m'en smt timbé entre les mains un manuscrit digne de tous être envoyé : et Toilâ' enfin le tableau tel qu'il est sorti des mains du maître} f ose même l'aecompagner des réfleaions que vous m'avez demandées.
n faudrait ignorer qu'il y a une langue française et un théAtre^ pour ne -pas savoir k quel degré de perfection Corneille et Racine ont porté l'art dsamatique ; il semblait qu'après ces grands hommes il ne restait plus rien à soubatter, et que tAcber de les imiter était tout ce que l'on pouvait faire de nûeux. Désirait-on quelque cbose dans la peinture, après la Galatée de Rapbaël? Cependant la célèbre tête de Michel-Ange, dans le petit Famèse, donna l'idée d'un genfe plus terrible et plus fier, auquel cet art pouvait être élevé.
Il semblé que dans les beaux-arts on ne s'aperçoit qu'il y avait des vides, qu'après qu'ils sont remplis. La plupart des tragédies